Mis à jour le 02/06/2021

Qui êtes-vous ?

Drômois d’origine j’ai presque uniquement travaillé à l’étranger avec comme principaux points de repères l’Italie, l’Indonésie et Singapour. Mon activité de conseil en accompagnement à l’international a débuté avec Erai en 1992 pour se poursuivre en 2000 par la reprise du bureau indonésien, le transfert à Singapour en 2006 et la collaboration avec BCI dès 2008.

Avec Optim Consulting qui opère exclusivement sur 3 pays (Indonésie, Malaisie & Singapour) j’ai accompagné près d’une centaine de sociétés bretonnes à travers donc une gamme de services multisectoriels par nature.

En 2021 la Bretagne représente encore plus du tiers de l’origine de nos missions à côté du reste de la France, de l’Italie et du Japon. Nous avons en plus un réseau de référents dans 9 autres pays dont Canada, Thaïlande et Japon.

Malgré la diversité des secteurs travaillés, nos clients 2021 sont concentrés dans les secteurs suivants : Energie, Marine, TIC , Cleantechs, Produits Laitiers.

Secteurs porteurs

D’après-vous, quels sont les secteurs porteurs pour les entreprises bretonnes dans ces 3 zones?

Je ne crois pas beaucoup aux secteurs «porteurs» mais beaucoup plus aux entreprises «compétitives». Malgré cela, et pour illustrer notre propos, voici quelques pistes issues de nos dernières missions, à valider au cas par cas et bien sûr a l’issue de la sortie de la pandémie actuelle.

INDONESIE

  • Le secteur de la construction maritime, sinistré à l’échelle régionale, continue d’offrir des opportunités pour des entreprises bien épaulées localement et capables d’assurer une présence très régulière.
  • Le secteur des produits alimentaires/gourmets continue d’offrir des opportunités malgré les barrières non tarifaires (enregistrements, certification Halal)
  • Le secteur de l’élevage fait l’objet d’un rattrapage et attire des investissements
  • Avec une croissance moyenne de 5% (pré-Covid) les secteurs offrant des opportunités sont nombreux. L’accès au marché reste l’aspect déterminant ce qui impose dans la quasi-totalité des cas la sélection et le suivi attentif d’un partenaire local.

MALAISIE

  • Le secteur agroalimentaire est solide et pas limité à l’huile de palme
  • L’aéronautique avec à la fois le transport (Air Asia) et le développement des services.
  • Le tourisme avec également sa composante médicale (biensur des qu’une réouverture sera possible. Nous parlons désormais probablement de 2022).
  • Le transport et les infrastructures offrent des opportunités réelles (ex : liaison rapide Kuala/Singapour)

SINGAPOUR 

  • Bien sûr toutes les Tic innovantes à la fois comme marché (parfois) mais aussi en tant que showroom ou service center régional
  • Le secteur des services aéronautiques (MRO) était est en progression constante avant le Covid, les infrastructures demeurent avec 10% du potentiel mondial.
  • Le segment des laits infantiles offre une opportunité temporaire du fait de prix exagérés / premiums
  • Le secteur de la collecte et du recyclage de déchets
  • Le «hightech farming» que le Gouvernement soutient afin d’assurer un minimum de sécurité des approvisionnements
  • Les niches technologiques où une grande valeur ajoutée/expertise sera souvent appréciée

 

Pratique des affaires

Dans le cadre des pratiques commerciales, lorsque l’on souhaite travailler sur cette zone, sur quoi doit-on être vigilant?

Je dépasserai les clichés (comme celui de la remise des cartes de visites avec la main droite en Indonésie) pour tenter de lister quelques éléments qui, Covid ou pas, demeurent des faits dont il convient de tenir compte:

INDONESIE

  • La priorité est de savoir avec qui vous pourrez vous associer
  • Ne pas sous-estimer l’impact des aspects logistiques
  • La sécurité physique est moins un sujet qu’en France
  • Malheureusement Jakarta est quasiment indispensable comme point d’entrée (le projet de nouvelle Capitale n’en est qu’à ses débuts)

MALAISIE

  • Ne pas assimiler le pays à Singapour (le potentiel peut y être bien inférieur ou supérieur en fonction des secteurs)
  • On peut parfois travailler à Singapour ET en Malaisie avec 1 seul partenaire
  • Sauf à accepter des empilements de marges il est difficile de pouvoir couvrir plusieurs pays via un partenaire Malaisien

SINGAPOUR

  • Ponctualité, précision, respect des engagements sont très appréciés
  • Vigilance nécessaire par rapport à une concurrence souvent acérée
  • Attention à la disponibilité de ressources humaines adaptées rendue encore plus difficile par la pandémie
  • Pression croissante sur la “compliance” bancaire et des affaires

Comment les Français sont-ils perçus, et à fortiori, les Bretons?

L’image de citoyens ne faisant pas d’efforts linguistiques a vécu avec le renouvellement générationnel. Il y a en effet plus de jeunes avec des profils plus variés , ce qui permet une adaptation plus rapide.

Les différentes régions françaises n’étaient pas très connues jusqu’à présent. Il apparaît néanmoins quelques initiatives à vocation culturelles, touristiques et alimentaires (de Corse, de Savoie, de Bretagne ou encore de Bourgogne) .

Ceci dit, ces évènements ne devraient pas changer grand-chose au fait que la France est progressivement vue elle-même comme une région de l’Europe.

Sur le fond, malgré les réserves exprimées en périodes de crises sur notre laïcité (surtout en Indonésie), la vision est globalement positive (il y a aujourd’hui 15 000 français à Singapour).

Dans les affaires, la qualité française est appréciée sur des marchés de niches (luxe, alimentation, défense, …) mais pas de façon uniforme sans doute moins par notre faiblesse que par la progression d’autres pays/et régions concurrentes.

Les français voyageaient beaucoup avant le Covid, cela reprendra et le niveau de préparation a progressé. Des incapacités à s’adapter peuvent ici ou là persister comme par exemple la difficulté à adapter la gestion des ressources humaines à Singapour (chômage frictionnel, manques chroniques, restriction administratives etc.) vue de France (disponibilité importante).

En conclusion : il faut se faire à l’idée que personne ne nous attend plus pour notre simple origine, il faut prouver notre capacité à être compétitifs et utiles à nos partenaires et à nos clients.

 

 

Impacts Covid-19

La crise sanitaire oblige à une mise à jour constante des données sur les impacts économiques et sectoriels à Singapour, en Indonésie et en Malaisie.

Je vous propose d’accéder à quelques sites économique,  institutionnel et presse qui permettent d’avoir une vision au 2ème trimestre 2021 :

 

Singapour

Malaisie

Indonésie

 

 

Forces et faiblesses

Forces Singapour Faiblesses Singapour
  • Corruption très faible ;
  • Grande facilité pour faire des affaires ;
  • Efficacité et diversité logistique
  • Ressources humaines
  • Classement coface climat des affaires A1
  • Situation Covid “presque” sous contrôle
  • Surface et population limitées
  • Chômage frictionnel
  • Croissance en réduction
  • Coûts immobilier et main d’œuvre
  • Dépendance aux échanges export
Forces Indonésie Faiblesses Indonésie
  • Surface et Population très importantes ;
  • Croissance forte et assez stable ;
  • Réserves de croissance hors de Java
  • Ressources naturelles importantes
  • Classement coface climat des affaires A4
  • Corruption diffuse
  • Pesanteurs administratives
  • Infrastructures handicapantes
  • Instabilité religieuse croissante
  • Faible ouverture à l’International
  • Situation Covid encore problématique
Forces Malaisie Faiblesses Malaisie
  • Economie diversifiée ;
  • Forte connexion avec la Chine ;
  • Bonnes infrastructures
  • Les services dont le branding Halal
  • Classement coface climat des affaires A3
  • Tensions politiques et religieuses
  • Disponibilité de main d’œuvre
  • Exposition aux tensions en mer de chine
  • Faiblesse monétaire
  • Dépendance à l’oil & gas est centrale
  • Situation Covid encore problématique

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