Mis à jour le 18/10/2021

Pierre Dhomps, société Energy7 International et prestataire agréé de BCI en Chine propose une enquête menée sur le thème des compatibilités EUROPE / CHINE via sa newsletter d’octobre 2021 :

” Le pays qui a inventé les premières fusées à poudre ne pouvait pas se désintéresser de l’espace et ne pas rejoindre Américains, Russes, Japonais et autres Occidentaux ! La Chine a bâti un vaste plan spatial jusqu’à l’horizon 2025.

L’aventure chinoise démarra en octobre 2003

Lorsque le vaisseau Shenzou lancé par une fusée Longue Marche embarqua son premier taïkonaute Yang Liwei. La Chine devint la troisième nation spatiale après l’Union soviétique et les États-Unis capable de lancer des hommes dans l’espace.

Depuis 2007 la Lune pour objectif premier

Elle travaille activement sur un programme lunaire et la mission Chang’e 4 fut la première à se poser sur la face cachée de la Lune en janvier 2019, exploit jusqu’alors inégalé par toute autre nation. En 2020 la mission Chang’e 5 a permis de récolter deux kilos de roches lunaires dans l’Océan des Tempêtes et de les rapporter sur Terre. Il est clair que la Chine fera tout pour poser à court terme un pied sur la Lune.

La fusée Longue Marche 5Y3, prélude à une prochaine mission sur Mars

Cette fusée, comparable à la fusée européenne Ariane 5, lancée le 27 décembre dernier, est le socle à la fois du programme spatial chinois prévoyant à court terme une mission sur la planète rouge et la mise en orbite d’une station spatiale prévue pour 2022. Elle devrait remplacer l’ISS à laquelle sont associés les États-Unis, la Russie, l’Europe, le Japon et le Canada.

Cette opération s’inscrit dans un programme spatial voulu au plus haut niveau et évalué à 8,4 milliards de dollars en 2017 par l’OCDE. Ce en quoi il dépasse déjà les budgets de la Russie et du Japon. Parmi les projets, reste en position prioritaire l’envoi d’un premier taïkonaute d’ici au maximum 10 ans. L’opération a pleinement réussi avec un atterrissage le 16 mai dans l’hémisphère Nord de la Planète Rouge. La sonde Tianwen’ 1 est composée de 3 éléments : un orbiteur (qui tourne autour de l’astre), un atterrisseur (qui s’est posé sur la planète Mars) et à bord un robot téléguidé, Zhurong. Réaliser ces 3 opérations dans un même vol inaugural est assurément un exploit qui constitue une première mondiale. L’engin qui pèse 240 kg va explorer et photographier durant 3 mois Utopia Planitia, une vaste plaine jonchée de cailloux. Le nom Zhurong a pour référence le nom du dieu de feu de la mythologie chinoise : la planète Mars, en chinois Huoxing signifie littéralement la Planète de Feu !

Autres projets spatiaux à venir

En matière d’Internet satellitaire, la Chine ne souhaite pas laisser le monopole à Elon Musk : elle compte proposer sa propre solution. C’est ainsi que la China Satellite Network Group a été créée avec l’ambition de construire deux constellations de satellites en orbite terrestre basse.

La Chine a lancé le 29 avril le premier élément de sa future station spatiale

À défaut d’accès à l’ISS et pour conquérir l’espace, la Chine a déjà procédé au lancement du premier des 3 éléments de sa future station nommée CSS (Station Spatiale Chinoise en anglais). Ce module, appelé Tianhe, a une longueur de 16,6 m et un diamètre de 4,2 m. Une fois terminé, le module devrait peser 100 tonnes et avoir une forme définitive en forme de T. Comparable à l’ancienne station MIR, elle est prévue pour une durée de vie de 10 à 15 ans. L’objectif est qu’elle serve de base à des missions très importantes, comme des missions habitées vers la Lune, du tourisme spatial, des sciences spatiales ou encore des applications concrètes pour les humains. Le 17 juin dernier, 3 astronautes chinois ont décollé du désert de Gobi et leur vaisseau s’est arrimé à Tianhe, le premier module de la station en orbite pour une mission de 3 mois. Les 3 astronautes sont déjà sortis dans l’espace notamment pour tester le bras mécanique. Déjà 200 millions de vues ont été enregistrées puis transmises sur Terre.

Un vaisseau-cargo s’est élancé, avec à son bord, de la nourriture, des équipements et du carburant. Une fois terminée en 2022, la station orbitale Tiangong (Palais Céleste) devrait rester en orbite céleste pendant 15 ans.

Souhaitant réaliser des vaisseaux spatiaux de plusieurs kilomètres de large, le problème majeur réside dans l’assemblage de grandes structures dans l’espace. C’est de toute évidence un élément essentiel pour une exploration spatiale durable !

Face au refus américain d’une quelconque collaboration, la Chine recherche son autonomie spatiale. Comme la station internationale devrait arrêter en 2024, la station chinoise a toute chance d’apparaître comme attractive. C’est la raison pour laquelle JI Qiming, un haut responsable de l’agence chinoise des vols habités, a proposé de « coopérer avec n’importe quel pays qui s’engage en faveur de l’utilisation pacifique de l’espace ».

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