Mis à jour le 26/01/2022

Qui êtes-vous ?

Diplômé en Économie Gestion et en Marketing Communication, j’ai intégré puis dirigé des agences conseil (Publicis, DDB, TBWA, Cossette) et dispose d’une expérience de plus de 25 ans dans le domaine des affaires, au Canada et France. Rézoway a plus de 8 ans d’activité, nous accompagnons plus de 50 entreprises françaises sur une base régulière, tant sur le Canada que vers les Etats-Unis.

 

Secteurs porteurs

D’après-vous, quels sont les secteurs porteurs pour les entreprises bretonnes sur le Canada et les USA?

 

Canada : 

Grâce à la signature de l’AECG, de nombreux secteurs, notamment agroalimentaire, ont connu une embellie via l’ouverture du marché canadien à un plus grand nombre de produits et un assouplissement des quotas et des réglementations.

En outre, les investissements massifs en cours et à venir dans la relance de l’économie et la remise à niveau des infrastructures, tant fédérales, provinciales, que municipales, et ce à l’échelle du pays, généreront un flux d’opportunités important pour toute entreprise intervenant dans le domaine de la construction, de l’ingénierie et des technologies environnementales. Par ailleurs. Montréal est identifiée comme capitale internationale de l’intelligence Artificielle.

Etats-Unis : 

L’industrie de l’agroalimentaire est en pleine mutation aux USA depuis 2010 (après la reprise de la crise de 2009). On observe depuis ces dernières années une vraie volonté de la part du consommateur Américain à changer son régime quotidien pour combattre l’obésité et aussi pour réagir aux allergies alimentaires (sans-gluten, etc…). La part de cette industrie qu’on appelle la « Specialty Food » est en pleine explosion, avec une forte augmentation année sur année. Cela comprend tout ce qui est fromage fermier, fromage artisanale, produits porcin (jambons secs), foie gras et pâté, pain Européen, miel Européen. Ces produits ont une connotation de « gourmet » aux USA.

Par ailleurs, le secteur porteur Américain qui pourrait être la destination la plus intéressante pour les entreprises bretonnes est bel et bien l’informatique. Silicon Valley subit une Age d’or sans signes de se ralentir, et aspire les meilleurs talents du monde entier (Asie, Europe, Amérique du Sud) pour l’informatique. Le capital nécessaire pour démarrer les entreprises de demain reste en Californie et les personnes d’influence du monde de l’informatique ont un intérêt direct à garder le statu quo.

 

Pratique des affaires

Lorsque l’on souhaite travailler sur ces deux pays, sur quoi doit-on être vigilant ?

Canada :

Il faut s’intéresser au Canada pour les bonnes raisons, au-delà des palmarès annuels des pays où il fait bon vivre, au-delà d’une langue commune et au-delà de l’image empathique et chaleureuse du peuple canadien.

De part une flexibilité plus importante du droit du travail et de l’emploi, les entreprises sont traditionnellement moins enclin à innover pour accroitre leur productivité. Il faut donc aborder le marché avec une offre économiquement attractive et ne pas effrayer par une offre technologique sur dimensionnée.

Etats-Unis: 

Les USA sont avant tout un pays de lois et sur ce fait, une entreprise qui aborde le marché Américain doit rester vigilant au niveau législatif, non seulement sur le niveau fédéral, mais aussi état par état (Texas, Californie, New York, Floride, etc…). Un bon avocat versé dans les lois des deux pays, mais basé aux USA est un bon point de départ avant tout activité.

 

Comment les Français sont-ils perçus aux USA et CANADA, et à fortiori, les Bretons ?

 

Canada :

La France et ses entreprises jouissent globalement d’une bonne image, notamment sur le plan de l’expertise et des compétences. Le pendant de cette image est celle d’un certaine suffisance et arrogance quant à leur approche du marché canadien. De par leur avance technologique dans certains domaines, les entreprises françaises rechignent parfois à s’adapter ou à remettre en question leur approche. Ce qui peut en soit être rédhibitoire à un développement sur le marché canadien.
En outre, une offre commerciale qui se voudrait un copier-coller de ce qui est fait en France est vouée à l’échec.

Les Bretons sont très proches des québécois en matière d’approche humaine, d’humilité et de collaborations d’affaires.

Etats-Unis : 

La perception aux USA de la France et des Français est positive même si, aujourd’hui, il existe quelques stéréotypes malintentionnés qui existent en permanence.
On reconnait aujourd’hui une vraie capacité de la France pour produire des ingénieurs de haut-niveau, surtout en informatique. Cependant, un Américain ne fera pas une différenciation entre la France et la Bretagne (ou les Bretons). Les différences sont trop minces pour qu’un Américain reconnaisse les différentes régions Françaises.

Les Américains pensent plutôt en distance par heures de vols, c’est incompréhensible pour un Américain de comprendre qu’une région peut-être tellement différente entre 2-3 heures de voitures.

Impacts de la crise sanitaire ?

Est-ce que la crise du Covid- 19 a bouleversé les économies canadienne et américaine ? Ainsi que les règles déjà établies ?

Canada :

À court terme, certes les habitudes et la vie tant économique que sociale ont été totalement bouleversées (comme dans la majorité des pays touchés par cette crise). Les écoles, les entreprises, les magasins se sont retrouvés obligés de fermer leurs portes.

Il y a eu une forte augmentation des personnes au chômage durant cette crise (une situation peu habituelle dans ce pays du plein emploi). Mais à plus long terme cette crise n’aura pas modifié l’énergie et l’attractivité de ce pays. Ce qui attirait, attire toujours (grands espaces, qualité de vie, l’esprit bon vivre etc.).

Au niveau de l’emploi, le Québec a notamment retrouvé 96,9% du niveau observé avant la pandémie. Les demandes d’immigrations n’ont pas diminué bien au contraire.

Etats-Unis :

À court terme, le pays va devoir se relever d’une crise économique d’envergure, notamment dû à la gestion de la crise sanitaire. Mais les chiffres sont très encourageants pour la suite.

En avril 2021 le chômage a reculé de 9 points de pourcentage par rapport à la même période l’année passée. La reprise est en cours et, sur le long terme les États-Unis vont retrouver leur pleine puissance.

Fait intéressant : comme pour beaucoup, le télétravail causé par la pandémie a donné des envies de changements aux travailleurs à la maison cloitrés dans de petits appartements.

Plus de 650 000 personnes ont décidé de partir de San Francisco au profit d’autres États et villes plus attrayantes, notamment Miami en Floride ou encore au Texas. C’est le cas d’Elton Musk le PDG de Tesla. Il se pourrait que la Silicon Valley ne soit plus le seul pôle d’innovation des États-Unis.

Forces et faiblesses de ces deux pays

FORCES CANADA

FAIBLESSES CANADA

  • Stabilité politique et économique;
  • Situation financière enviable ;
  • Économie fortement diversifiée;
  • Proximité des USA;
  • Bilinguisme et niveau d’éducation élevé;
  • Très grande ouverture au commerce extérieur;
  • Facilité d’entreprendre;
  • Réinvestissement massif des pouvoirs publics dans les infrastructures.

 

  • Enjeu démographique majeur (vieillissement de la population);
  • Immensité du territoire vs faible densité démographique;
  • Économie fortement liée aux fluctuations des matières premières;
  • Dépendance vis à vis des USA;
  • Retard en productivité et en innovation.

 

FORCES ETATS UNIS

FAIBLESSES ETATS UNIS

  • Première puissance globale, première économie du monde;
  • Facilité de démarrer une nouvelle entreprise ou structure;
  • Des universités de renommée mondiale;
  • Pays a l’échelle d’un continent (beaucoup de variation);
  • Moins de réglementations.

 

  • Économie beaucoup plus volatile;
  • Taux d’impôts élevé au niveau des corporations (39,5 % en moyenne);
  • La retraite des baby-boomers va impacter l’économie profondément;
  • Taux de dette par citoyen troublant;
  • Politique de ne pas investir dans l’infrastructure depuis 20-30 ans;