Mis à jour le 19/01/2026

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Une puissance économique régionale incontournable, un marché stratégique et pérenne pour les entreprises bretonnes

QUI ETES-VOUS ?

 

Breton franco-turc, j’ai grandi à Lorient. Je dirige aujourd’hui Advantis Conseils Turquie, société basée à Istanbul que j’ai fondée en janvier 2003. L’année 2026 marque à la fois plus de 23 ans d’existence pour Advantis (www.advantisconseils.com) et plus de 27 ans d’expérience personnelle continue en Turquie, un pays que j’ai vu se transformer en profondeur, économiquement, industriellement et géopolitiquement.

J’ai débuté ma carrière au sein du groupe Pinault Distribution à Rennes, avant d’intégrer le groupe Carrefour, d’abord au sourcing international puis à la direction des achats en Turquie.
Depuis plus de deux décennies, j’accompagne des entreprises européennes – PME, ETI et groupes – dans leurs stratégies d’export, leurs implantations commerciales et industrielles, leurs projets de partenariats, de joint-ventures et de M&A, ainsi que dans la structuration opérationnelle locale.

Je suis par ailleurs Correspondant Turquie de MEDEF International et Délégué Pays de l’OSCI, Co-fondateur du réseau GLOBALLIANS, ce qui me permet d’avoir une lecture à la fois terrain, stratégique et institutionnelle du marché turc.

 

DANS QUEL CONTEXTE ÉVOLUEZ-VOUS AUJOURD’HUI ?

La Turquie est entrée dans une nouvelle phase de maturité économique. Longtemps perçue comme un marché émergent volatil, elle s’affirme aujourd’hui comme une puissance industrielle régionale, un hub commercial eurasiatique et un acteur stratégique des chaînes de valeur internationale.

Certes, le pays a traversé – et traverse encore – des tensions inflationnistes, des ajustements monétaires et des chocs géopolitiques régionaux. Mais cette volatilité apparente masque une réalité plus structurelle :

  • Une économie profondément diversifiée,
  • Une base industrielle robuste,
  • Une capacité d’adaptation et de résilience exceptionnelle,
  • Et une volonté politique forte de souveraineté industrielle et technologique.

La Turquie est aujourd’hui au cœur des stratégies de relocalisation partielle (nearshoring), de sécurisation des chaînes d’approvisionnement et de réduction de la dépendance asiatique, notamment pour l’Europe.

 

CONTEXTE MACROÉCONOMIQUE GÉNÉRAL

La Turquie est aujourd’hui la 17ᵉ économie mondiale avec un PIB nominal estimé à environ 1,32 trillion USD en 2024, et un PIB par habitant d’environ 15 500 USD. La croissance économique a poursuivi sa progression en 2024 malgré un contexte financier contraint, avec une croissance du PIB de +3,2 %, marquant une dynamique positive mais plus modérée qu’en 2023 (+5,1 %) et une prévision 2025 de 4 %.

La population turque est estimée à environ 85,5 millions d’habitants en 2024, avec une structure démographique jeune – âge médian autour de 33 ans, ce qui reste un facteur structurel de dynamisme du marché.

L’environnement des prix reste marqué par une inflation persistante, avec des estimations autour de 67 % en 2024, de 45 % début 2025, mais tendant à se modérer à 30% début 2026 avec un effort de stabilisation, et des perspectives de réduction progressive avec l’évolution de l’inflation.

 

Secteurs porteurs

SECTEURS PORTEURS – AU-DELÀ DES OPPORTUNITÉS TRADITIONNELLES

 

  • Agriculture, élevage et agro-industrie : vers une modernisation accélérée

Un secteur autour de 9,6 % du PIB, le pays reste parmi les 10 premiers producteurs mondiaux de produits agricoles et conserve une place dominante en Europe pour les volumes de fruits et légumes frais.

La Turquie demeure l’un des géants agricoles mondiaux, mais l’enjeu n’est plus la quantité : c’est la productivité, la traçabilité, la sécurité alimentaire, l’automatisation et la montée en gamme.

Les besoins explosent en :

  • Automatisation et modernisation
  • Équipements agricoles intelligents,
  • Irrigation de précision,
  • Technologies de stockage, transformation et froid,
  • Nutrition animale, génétique, bien-être animal,
  • Solutions digitales agricoles.

Pour les entreprises bretonnes, reconnues pour leurs savoir-faire agro-industriels, la Turquie constitue un marché naturel de déploiement régional.

 

  • Santé, dispositifs médicaux et biotech

La Turquie a engagé une transformation majeure de son système de santé avec

  • Les campus hospitaliers intégrés : 32 projets lancés au total avec une capacité de 41K lits
  • Le tourisme médical : parmi les 5 premières destinations mondiales, avec plus de 1,5 million de patients étrangers par an et des recettes estimées entre 3 et 4 milliards USD.
  • Dispositifs médicaux : une forte dépendance aux importations et une demande croissante en technologies de santé avancées.

Le marché est estimé à 7–8 milliards USD en 2024, avec une croissance annuelle de 8 à 10 %, tirée par :

  • L’imagerie médicale,
  • Les équipements de blocs opératoires,
  • Les dispositifs implantables,
  • Le diagnostic et le monitoring patient,
  • La digital health et la télémédecine.

Un cadre réglementaire aligné sur l’Europe :

La réglementation turque est largement harmonisée avec l’UE (MDR / IVDR), facilitant l’accès au marché pour les fabricants européens. La Turquie constitue ainsi une porte d’entrée structurée vers les marchés du Moyen-Orient, d’Asie centrale et d’Afrique du Nord.

Il représente un marché prioritaire, résilient et pérenne pour les entreprises bretonnes positionnées sur les dispositifs médicaux, les équipements hospitaliers, les technologies de santé et les solutions digitales.

 

  • Industrie, mécanique, process, automatisation

La Turquie n’est plus seulement un pays d’assemblage : elle est devenue un centre industriel complet, intégrant :

  • Conception,
  • Ingénierie,
  • Prototypage,
  • Production,
  • Export.

Les besoins sont très forts en :

  • Machines spéciales,
  • Automatisation industrielle,
  • Robotique,
  • Efficacité énergétique,
  • Maintenance avancée et services industriels.

La valeur ajoutée industrielle représente environ 26,6 % du PIB, avec une importance structurelle majeure pour l’activité économique turque. Le secteur manufacturier est tiré par des segments structurants comme l’automobile, les biens d’équipement, la métallurgie et l’électronique industrielle.

 

  • Automobile, mobilité et nouvelles chaînes de valeur

Avec plus de 75 % de la production destinée à l’export, l’automobile reste un pilier.

La Turquie est désormais dans le top 5 européen des fabricants automobiles et exporte près de ¾ de sa production vers l’Europe, le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord.

Avec le développement du véhicule électrique national (TOGG), le pays s’ouvre vers un nouveau segment de valeur industrielle :

  • Batteries,
  • Modules électroniques,
  • Logiciels embarqués,
  • Stations de recharge intelligentes.

 

  • Énergies renouvelables, transition verte et économie circulaire

La Turquie s’est engagée dans une transition énergétique ambitieuse, avec des objectifs de développement des renouvelables qui la placent désormais parmi les marchés les plus dynamiques d’Europe et de la région euro-asiatique.

Capacités installées et mix électrique

La Turquie dispose aujourd’hui d’une capacité installée cumulée de plus de 120 GW, dont près de 60 % proviennent de sources renouvelables (hydraulique, solaire, éolien, géothermie), un taux en croissance continue grâce aux investissements publics et privés.

Dans la répartition récente de la capacité électrique :

  • Hydroélectrique représente environ 26–27 % du total,
  • Solaire photovoltaïque autour de 19–20 %,
  • Éolien environ 11–12 %.

Ces chiffres traduisent un mix énergétique diversifié, où les renouvelables jouent un rôle stratégique, même si leur part de production réelle est modulée par l’intermittence et les conditions hydrologiques.

  • Éolien : progression significative et potentiel futur

L’énergie éolienne constitue aujourd’hui un segment structurant du mix turc, avec plus de 13 GW de capacité installée estimée en 2025 et des projections portant le total à près de 30 GW d’ici 2035, incluant potentiellement 5 GW offshore.

Ce développement se produit dans un contexte de potentiel géographique élevé, notamment le long des côtes Égée et Marmara. Sur le plan mondial, alors que des pays comme la Chine et les principaux marchés européens multiplient les installations, la Turquie bénéficie d’un potentiel éolien offshore estimé à plus de 75 GW, ce qui représente une marge de croissance importante.

  • Solaire : croissance rapide et objectif national majeur

Le solaire photovoltaïque connaît une croissance très rapide, avec la production solaire augmentant significativement en 2024 (+39 % d’électricité solaire produite par rapport à 2023), ce qui correspond à un bond de plusieurs térawattheures.

La Turquie vise à porter sa capacité solaire à plus de 50–55 GW d’ici 2035, dans le cadre de sa feuille de route de neutralité carbone, ce qui signifie un déploiement accéléré de projets PV, notamment à grande échelle.

  • Hydraulique : un socle robuste et un leadership régional

L’hydroélectricité, historiquement le principal contributeur renouvelable en Turquie, représente toujours une part majeure de la capacité installée, avec plus de 32 GW.

Ce segment confère à la Turquie une stabilité structurelle dans le mix énergétique et un avantage comparatif par rapport à de nombreux marchés européens où l’hydraulique est moins développé ou dépendant de conditions géographiques moins favorables.

Objectifs à horizon 2035

La Turquie s’est fixé des cibles ambitieuses avec un objectif global de 120 GW de capacité renouvelable combinée (incluant solaire, éolien et autres) d’ici 2035, ce qui traduit une volonté forte de renforcer son indépendance énergétique et de contribuer à ses engagements climatiques.

Implications pour les entreprises bretonnes : ce positionnement confère à la Turquie une avantageuse dynamique d’investissement :

  • Un marché intérieur en forte croissance,
  • Des objectifs structurants à long terme,
  • Des appels d’offres réguliers pour grands projets renouvelables,
  • Et des potentiels de coopération industrielle et technologique dans les segments solaire, éolien et infrastructures hydrauliques.

Forages offshore pétrole & gaz : objectifs et données clés

La Turquie intensifie ses efforts d’exploration offshore en Mer Noire et en Méditerranée orientale pour réduire sa dépendance énergétique aux importations. Le gisement de Sakarya en Mer Noire, l’un des plus importants, contient plus de 540 milliards de m³ de gaz estimés, avec des phases de production déjà engagées et des extensions planifiées d’ici 2026–2027.

La Turquie prévoit également de développer des projets offshores à l’étranger, notamment son premier forage profond programmé en Somalie en 2026.

 

  • Smart cities, mobilité urbaine et infrastructures

La Turquie connaît une urbanisation rapide et soutenue. En 2024, environ 77 % de la population vivait en zone urbaine, soit près de 65 millions de citadins sur un total de 85,5 millions d’habitants. Parmi eux, plus de 21 agglomérations dépassent 1 million d’habitants, dont Istanbul, Ankara, Izmir, Bursa et Antalya, ce qui crée une demande structurelle pour les solutions intelligentes, les transports urbains et les infrastructures du futur.

L’urbanisation rapide crée une demande structurelle pour :

  • Solutions de mobilité intelligente,
  • Gestion du trafic,
  • Stationnement digitalisé,
  • Infrastructures urbaines connectées,
  • Services numériques au citoyen.
  • Mobilité urbaine et transports connectés
  • Le parc de véhicules urbains connectés et intelligents progresse rapidement, avec plusieurs villes intégrant des systèmes de transport intelligent (ITS) qui améliorent la fluidité du trafic et la sécurité routière.
  • À Istanbul, le métro et les tramways transportent ensemble plus de 3,5 millions de passagers par jour, illustrant l’ampleur des besoins en mobilité propre et intégrée.
  • Les investissements municipaux et nationaux dans les infrastructures de mobilité se situent dans une fourchette annuelle de plusieurs milliards USD, avec des financements via des partenariats public-privé (PPP) pour des lignes de métro, des corridors de bus à haut niveau de service (BHNS) et des systèmes de signalisation avancés.
  • Smart cities et digitalisation des services urbains

Les autorités locales et nationales ont lancé des programmes de smart cities visant à déployer des plateformes intégrées pour :

  • La gestion du trafic en temps réel,
  • La vidéosurveillance intelligente,
  • La gestion énergétique des bâtiments publics,
  • La gestion intégrée des déchets.

Certaines métropoles turques affichent déjà des indicateurs de performance numérique comparables aux moyennes européennes pour des solutions comme les applications de mobilité multimodale, les services municipaux digitaux et les systèmes de paiement sans contact dans les transports publics.

  • Infrastructures de transport à grande échelle

La Turquie investit massivement dans des projets d’infrastructures structurantes :

  • Ponts et tunnels intercontinentaux (ex. Marmaray, tunnels sous le Bosphore),
  • Corne d’Or Tunnel,
  • Extensions du réseau ferroviaire à grande vitesse (TGV turc / YHT) qui dépasse désormais 3 000 km de lignes programmées ou opérationnelles à l’horizon 2030,
  • Ports modernisés et hubs logistiques le long des corridors Europe–Asie.

Indicateurs de déploiement et perspectives

  • Population urbaine en croissance : +1,8 % par an en moyenne (2015–2025).
  • 21 villes > 1 M d’habitants structurent la demande de solutions intelligentes.
  • 3,5+ millions d’usagers quotidiens pour le seul réseau de transports d’Istanbul.
  • Déploiement croissant de technologies IoT pour la gestion énergétique, la sécurité, la mobilité intégrée et les services citoyens numériques.

Opportunités pour les entreprises bretonnes

La combinaison de forts investissements publics, d’une demande urbaine croissante et de programmes smart cities ambitieux génère des opportunités dans les domaines suivants :

  • Solutions de mobilité intelligente (ITS, multimodalité, data analytiques),
  • Infrastructures numériques urbaines (capteurs, plateformes, cybersécurité),
  • Énergie urbaine intelligente (grids, optimisation énergétique, stockage),
  • Services citoyens digitaux (applications mobiles, e-administration),
  • Partenariats PPP pour des projets structurants (transport, parkings intelligents, hubs logistiques).

 

  • Start-ups, innovation et technologies numériques

La Turquie s’impose comme un hub technologique régional, avec un écosystème de start-ups désormais mature, des fonds actifs et une capacité d’industrialisation rapide des innovations, attirant des volumes croissants de capital-risque et produisant des licornes technologiques à reconnaissance mondiale. La croissance s’appuie sur une population jeune, connectée et numériquement active, un secteur technologique domestique en expansion, et des politiques publiques favorables à l’innovation.

Données récentes du financement et de l’écosystème :

  • Au deuxième trimestre 2025, le marché turc des start-ups a enregistré 46 opérations de financement et un total de 857,9 millions USD levés (venture capital), reflétant l’ampleur des investissements dans l’innovation locale.
  • Historiquement, l’écosystème turc avait déjà levé plus de 1,8 milliard USD de capital-risque en 2023, avec des entreprises comme Getir, Trendyol ou Insider
  • Une partie significative de l’activité se concentre dans les domaines du SaaS, fintech, intelligence artificielle, santé numérique, big data, mobilité et technologies industrielles avancées.

La Turquie apparaît également dans les indices internationaux d’innovation, se positionnant dans une fourchette compétitive dans les composantes liées au capital humain, aux infrastructures et à la sophistication des marchés.

Orientations sectorielles clés pour les acteurs bretons :

  • FinTech & SaaS industrielles : solutions de paiement, crédit digital, automatisation des processus de back-office.
  • Deep Tech & IA : optimisation des chaînes de production, maintenance prédictive, data-analytics appliqués à l’industrie et à la santé.
  • HealthTech et digital health : plateformes de télémédecine, monitoring à distance, diagnostics numériques.
  • GreenTech et Energie : plateformes de gestion énergétique, économie circulaire et mobilité propre.

Le marché turc des technologies numériques est une plateforme régionale saturée de talents, de consommateurs numériquement engagés et d’investissements internationaux, faisant de la Turquie un lieu stratégique pour le développement de solutions innovantes et leur déploiement à l’échelle eurasiatique.

 

  • Défense et industries stratégiques

Le secteur de la défense est devenu un vecteur de souveraineté nationale : la Turquie a réalisé ces dernières années une transformation profonde de son industrie de défense, passant d’importateur à acteur exportateur capable de produire des technologies sophistiquées de niveau mondial. Le secteur incarne aujourd’hui une combinaison de capacités industrielles avancées, de R&D soutenue par l’État, et de compétitivité à l’export.

Performance économique et exportations :

  • En 2024, les exportations du secteur défense et aéronautique ont atteint un record de plus de 7,1 milliards USD, en progression significative par rapport à 2023
  • Les objectifs pour 2025 indiquent une tendance encore ascendante, avec des projections supérieures à 8 milliards USD d’exportations totales
  • Le nombre d’entreprises actives dans la défense dépasse 3 500, avec plusieurs spécialisées dans la haute technologie et les systèmes avancés

Le marché turc de l’aérospatiale et de la défense est estimé à environ 15,4 milliards USD en 2025, avec des perspectives de croissance vers 17,6 milliards USD d’ici 2030.

  • Technologies stratégiques développées localement :
  • Drones avancés (UAV/UCAV) : plateformes comme les Bayraktar TB2 et les drones en cours d’évolution vers des modèles plus autonomes sont devenues des références globales.
  • Aéronautique et systèmes autonomes : développement de drones furtifs comme l’Anka-3 ainsi que de composants aéronautiques intégrés.
  • Systèmes de défense intégrés : développement domestique de systèmes de défense aérienne tels que le projet « Steel Dome », intégrant radars, missiles, capteurs et commandes.
  • Entreprises compétitives : plusieurs sociétés turques figurent désormais parmi les principaux fournisseurs mondiaux dans les classements globalisés des industries de défense et d’aérospatiale.

Malgré des avancées majeures, la Turquie reste demandeuse de technologies critiques, de coopérations industrielles et de savoir-faire européens.

Orientations pour les décideurs et entreprises bretonnes :

  • Partenariats industriels : opportunités de co-développement sur des plateformes aériennes, terrestres ou navales avec des industriels turcs ou des consortiums publics-privés.
  • Intégration dans les chaînes d’approvisionnement globales : intégration des technologies européennes, coopération technologique et projets d’export conjoints.
  • Transfert de savoir-faire : participation à des programmes de formation, R&D et innovation collaborative dans les domaines de l’IA appliquée, cybersécurité et simulation.

L’évolution du complexe industriel de défense turc illustre une capacitation technologique significative et une attractivité pour les entreprises internationales souhaitant coopérer dans des secteurs à haute intensité technologique, tout en bénéficiant d’un marché domestique robuste et d’une base d’exportation en expansion.

 

Pratique des affaires

COMMENT APPROCHER LE MARCHÉ TURC DE FAÇON EFFICACE ?

La Turquie est un marché profond, complexe et très segmenté, où les usages commerciaux, les circuits de décision et les pratiques opérationnelles diffèrent sensiblement des standards européens, malgré une apparente proximité culturelle.

à Un marché exigeant, où l’expérience terrain fait la différence

La Turquie combine :

  • Un environnement économique volatil (inflation, change, cycles monétaires rapides),
  • Une réglementation dense, parfois évolutive selon les secteurs,
  • Des pratiques commerciales fortement relationnelles,
  • Et une organisation décisionnelle souvent centralisée autour des dirigeants.

Dans ce contexte, la méconnaissance des usages locaux – délais réels de décision, mécanismes de négociation, attentes implicites des partenaires – peut entraîner :

  • Des pertes de temps significatives,
  • Des erreurs de positionnement,
  • Des surcoûts contractuels ou opérationnels,
  • Voire l’échec de projets pourtant pertinents sur le papier.

à La biculturalité : un facteur clé de sécurisation

Au-delà de la langue, la réussite repose sur la maîtrise simultanée des deux cultures commerciales – européenne et turque.

à Un expert local biculturel est capable de :

  • Traduire non seulement les mots, mais les intentions, les non-dits et les logiques de décision,
  • Adapter le discours commercial et stratégique au profil réel des interlocuteurs (groupes, PME familiales, institutions, start-ups),
  • Anticiper les points de friction culturels ou contractuels,
  • Arbitrer entre vitesse d’exécution et sécurisation du projet.

Cette bi culturalité permet d’éviter les malentendus fréquents entre partenaires européens et turcs, souvent liés à des différences de perception du risque, du temps et de l’engagement.

à Une approche progressive, structurée et sécurisée

S’appuyer sur des experts locaux permet de mettre en place des modes d’entrée graduels, adaptés à la maturité du projet :

  • Analyses sectorielle ciblées et qualifiées,
  • Identification et audit de partenaires locaux,
  • Représentation commerciale externalisée,
  • Portage salarial local pour tester le marché sans créer immédiatement une filiale,
  • Structuration juridique et fiscale adaptée avant tout investissement lourd.

Ces dispositifs offrent aux entreprises bretonnes la possibilité de valider le potentiel réel du marché, d’ajuster leur modèle économique et de limiter leur exposition au risque.

à Accélérer tout en réduisant le risque

Un accompagnement local expérimenté ne ralentit pas les projets : il les accélère.

En disposant :

  • D’un réseau qualifié,
  • D’un accès direct aux décideurs,
  • D’une connaissance fine des secteurs et des territoires,
  • Et d’une capacité à gérer les aspects réglementaires, contractuels et humains,

Les entreprises gagnent en temps, en lisibilité et en efficacité opérationnelle.

à Une condition de réussite à long terme

En Turquie, la relation de confiance est un actif stratégique. Elle ne se décrète pas : elle se construit dans la durée, par une présence crédible, des échanges réguliers et une compréhension sincère des attentes locales.

S’entourer d’experts locaux biculturels permet non seulement de réussir son entrée sur le marché, mais surtout de pérenniser son développement, dans un pays où les opportunités sont réelles mais nécessitent méthode, patience et ancrage terrain.

Forces et faiblesses de la Turquie – lecture stratégique actualisée

 

Forces

  • Résilience économique démontrée
  • Économie diversifiée et industrialisée
  • Main-d’œuvre jeune, qualifiée et compétitive
  • Position géostratégique unique
  • Hub régional industriel, logistique et énergétique
  • Attractivité forte pour le nearshoring européen

Faiblesses

  • Inflation et volatilité monétaire
  • Dépendance énergétique
  • Besoin de capitaux étrangers
  • Complexité réglementaire sectorielle
  • Environnement géopolitique régional sensible

 

Les erreurs à ne pas commettre

  • Sous-estimer la dimension relationnelle
  • Vouloir aller trop vite sans relais local
  • Copier un modèle européen sans adaptation
  • Négliger les aspects contractuels et financiers
  • Se focaliser uniquement sur Istanbul

Conclusion – pourquoi la Turquie est un marché d’avenir pour les entreprises bretonnes

La Turquie a changé d’échelle : Elle n’est plus un marché d’opportunité ponctuelle, mais un marché stratégique de long terme, au cœur des équilibres économiques régionaux.

Toutes ces données confirment que, malgré des défis macroéconomiques (inflation encore élevée, volatilité monétaire, réalignement des politiques monétaires), la Turquie reste un marché attractif, avec une structure industrielle complète, un consommateur interne dynamique, une base démographique favorable, et des filons de croissance sectorielle soutenue

Ce positionnement fait de la Turquie non seulement un marché de consommation important, mais aussi un hub industriel et logistique stratégique pour les entreprises européennes qui souhaitent

Pour les entreprises bretonnes, industrielles, technologiques ou agro-alimentaires, elle représente :

  • Un levier de croissance en diversifiant leurs implantations
  • Une plateforme régionale pour sécuriser leurs chaînes d’approvisionnement
  • Un partenaire industriel en codéveloppant des technologies avec des partenaires locaux
  • Et un point d’ancrage durable dans un marché régional étendu entre Europe, Moyen-Orient, Asie centrale et Afrique.

À condition d’y entrer avec méthode, humilité et vision.

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