Mis à jour le 27/01/2026

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Qui êtes-vous?

 

Après des études en France et une première expatriation en Afrique, j’ai rejoint le Vietnam en 1999, où j’ai fondé SOA – Source of Asia en 2007. SOA accompagne les entreprises étrangères dans leur développement au Vietnam et, plus largement, en Asie du Sud-Est (ASEAN), ainsi qu’en Corée du Sud.

J’ai vécu plus de vingt ans au Vietnam, d’abord à Hanoï puis à Hô Chi Minh-Ville, ce qui m’a permis de développer une connaissance approfondie du marché, de son environnement économique et de ses spécificités culturelles.

Aujourd’hui, SOA s’appuie sur une équipe multiculturelle de plus de 90 experts, avec un siège régional au Vietnam, et opère dans 7 pays de la région grâce à un réseau de partenaires locaux.

Grâce à nos multiples activités – entrée sur le marché, conformité réglementaire, sourcing, supply chain, implantation, développement digital, M&A, recrutement et développement commercial – nous offrons à nos clients une expertise opérationnelle complète et pragmatique sur des marchés en forte croissance depuis plus de 20 ans.

 

Secteurs porteurs

D’après-vous, quels sont les secteurs porteurs pour les entreprises bretonnes au Vietnam? Comment conduire ses affaires dans ce pays et communiquer avec les partenaires ?

 

Le Vietnam fait partie des économies les plus attractives d’Asie du Sud-Est, avec une croissance du PIB supérieure à 6 % en moyenne depuis plus de 15 ans et des entrées d’IDE atteignant environ 33 milliards d’euros en 2023. Le pays bénéficie d’une localisation stratégique au cœur de l’ASEAN et d’une population proche de 100 millions d’habitants, jeune et en forte croissance.

Les entreprises étrangères jouent un rôle clé dans l’économie vietnamienne, avec des opportunités majeures pour les entreprises bretonnes dans les secteurs suivants :

  • Les énergies renouvelables : Le Vietnam est l’un des marchés les plus dynamiques d’Asie du Sud-Est pour les énergies renouvelables, porté par une forte demande en électricité, une industrialisation rapide et des objectifs gouvernementaux ambitieux en matière de transition énergétique. Le pays investit massivement dans le solaire, l’éolien et les infrastructures énergétiques afin de sécuriser sa croissance économique

 

  • Les soins de santé : Le Vietnam affiche l’un des niveaux de dépenses de santé les plus élevés de la région en pourcentage du PIB. Les dépenses de santé sont passées d’environ 20 milliards USD à plus de 23 milliards USD, avec une croissance moyenne de 9,2 % par an sur la période 2009–2025. Le vieillissement rapide de la population (les +60 ans passeront de 11,9 millions à 29 millions d’ici 2050) soutient fortement la demande en services et équipements médicaux. En parallèle, le gouvernement vietnamien a lancé une feuille de route vers la couverture santé universelle, avec un renforcement progressif de la prise en charge des soins de base à partir de 2026.

 

  • Les technologies de l’information et l’électronique : L’industrie des composants électroniques représente environ 18 % du PIB vietnamien et constitue l’un des piliers de l’économie. Le Vietnam est aujourd’hui l’un des principaux hubs industriels mondiaux pour l’électronique, avec une forte présence d’investissements étrangers et une croissance annuelle à deux chiffres sur certains segments (CAGR supérieur à 11 % sur 2023–2027)

 

  • L’industrie manufacturière : Le Vietnam est au cœur de la stratégie « Chine + 1 » et s’impose comme une base industrielle majeure pour l’électronique, les composants, les équipements industriels et les biens de consommation. Le pays figure parmi les premiers exportateurs mondiaux de produits électroniques et attire une part croissante des IDE industriels.

 

  • L’agroalimentaire et la restauration (F&B) : Le secteur F&B est le premier poste de consommation au Vietnam, représentant environ 35 % des dépenses mensuelles des ménages et près de 15 % du PIB. En 2023, le marché a progressé de plus de 18 % pour atteindre environ 30,7 milliards USD, avec une croissance soutenue attendue pour atteindre près de 40 milliards USD à l’horizon 2026

À noter que la classe moyenne vietnamienne est en forte expansion et devrait représenter près de 65 % de la population régionale d’ici 2030, soutenant durablement la consommation.

 

Pratique des affaires

Dans le cadre des pratiques commerciales, comment les Français sont-ils perçus au Vietnam, et à fortiori, les Bretons?

 

La perception des entreprises françaises et européennes est globalement très positive. L’accord de libre-échange Vietnam – Union européenne (EVFTA), entré en vigueur en 2020, constitue un avantage compétitif majeur et valorise les savoir-faire européens en matière de qualité, de sécurité et de durabilité.

Les entreprises françaises sont bien accueillies au Vietnam. Les consommateurs vietnamiens associent souvent les produits européens à des standards élevés, notamment dans l’agroalimentaire, la santé, l’industrie et les biens de consommation premium.

Les différences culturelles restent toutefois importantes : accès aux décideurs, processus de décision collectifs, communication indirecte, gestion du temps et des priorités. Il est donc essentiel d’être accompagné localement, en particulier dans les premières phases du projet.

La réussite au Vietnam repose sur la capacité à s’inscrire dans la durée, à construire la confiance, à décoder les signaux faibles et à démontrer un engagement réel sur le long terme.

 

Forces et faiblesses du Vietnam

 

 

FORCES FAIBLESSES
  • Marché de plus de 100 millions d’habitants
  • Position stratégique au cœur de l’ASEAN (près de 700 millions de consommateurs)
  • Accords de libre-échange favorables avec l’Europe et l’Asie
  • Forte ouverture aux investissements directs étrangers (IDE)
  • Hub régional des chaînes d’approvisionnement asiatiques
  • Classe moyenne et classe aisée en forte croissance
  • Croissance économique soutenue (> 6 % sur le long terme)
  • Population jeune, qualifiée, dynamique et tournée vers l’avenir
  • Administration encore lourde et forte présence de l’État
  • Complexité réglementaire et environnement juridique évolutif
  • Marché très concurrentiel avec des acheteurs pragmatiques et peu fidèles
  • Barrières culturelles et linguistiques
  • Nécessité de sécuriser les contrats et de suivre étroitement ses partenaires locaux

 

LES ERREURS À NE PAS COMMETTRE

Que faut-il savoir lorsque l’on souhaite travailler avec le Vietnam ?

 

Je parle souvent de la règle des « 5 P », qui doit être au cœur de toute stratégie de développement au Vietnam :

  • Préparation
  • Prudence
  • Présence
  • Professionnalisme
  • Persévérance

Il est indispensable d’intégrer les différences culturelles dans les interactions avec les partenaires et clients locaux afin de construire une relation de confiance durable. La réussite ne se fait ni rapidement ni par des actions ponctuelles.

Un projet réussi repose sur un plan d’action structuré, prenant en compte à la fois le produit, le positionnement, les attentes du marché local, mais aussi l’organisation interne et les ressources de l’entreprise.

L’équilibre entre ces différents facteurs est la clé d’un développement durable et sécurisé au Vietnam.