Mis à jour le 10/06/2021

Dans un contexte international globalisé et bousculé par la crise sanitaire mondiale, il est d’autant plus compliqué de choisir le moyen de paiement adapté à son opération commerciale à l’export. Dans ce contexte actuel d’augmentation des risques d’impayés à l’export, ce choix doit être effectué avec la plus grande des précautions. Comment choisir le moyen de paiement adapté à ses transactions internationales ? Comment sécuriser ses opérations et ainsi éviter le risque d’impayés ?

Le choix du moyen de paiement est d’autant plus important que les risques sont décuplés du fait de l’éloignement de certains clients, selon le pays et désormais dans le contexte sanitaire mondial que nous traversons.

C’est sur cette thématique que sont intervenus Monsieur Daniel OLIVEAU (Responsable Régional Activités Internationales, région Bretagne, CREDIT MUTUEL ARKEA) accompagné de ses trois collègues binômes régionaux, dans le cadre d’un webinaire organisé à destination des entreprises bretonnes.

Ils ont passé en revue les différents modes de paiement à l’International et ont apporté les éclairages nécessaires sur ceux à privilégier.

 

 Que faut-il retenir de ce webinaire?

 

Retour de Monia Benrahal– Conseillère Internationale

Lors de ce Webinaire sur Les Moyens de Paiement à l’International, la banque ARKEA a présenté aux entreprises participantes les différents moyens de paiement à privilégier afin de sécuriser, au mieux, son opération à l’international.

Les risques sont nombreux à l’import comme à l’export. A l’importation, ils sont variés : marchandise non conforme, délais non respectés, blocage (risque politique) et autres risques financiers…

Idem à l’export, le vendeur peut faire face à plusieurs risques : défaillance de l’acheteur, blocage des transferts de fond, catastrophe naturelle ou encore à des risques bancaires (acheteur).

Pour se prémunir, le choix du moyen de paiement reste essentiel.

ARKEA nous présente les moyens de paiement du moins sécurisé au plus sûr : chèque, virement, Lettre de Change, Remise Documentaire, Crédit Documentaire.

Le chèque est à proscrire pour les opérations internationales (délais longs, risque de fraude ou impayés, ne fait pas partie des moyens de paiement SEPA…)

 

Le virement : sur l’ordre de l’importateur, un transfert du compte de l’importateur est effectué par la banque au profit de l’exportateur (mode de transmission le plus répandu : Swift /Society For Worldwide Interbank Financial Télécommunication). L’avantage du virement est sa praticité car rapide mais il n’apporte aucune garantie de paiement.

 

Le paiement d’avance peut être une alternative mais il est limité et réglementé et parfois même non autorisé dans certains pays.

L’effet de commerce : Moyen de paiement à échéance. Il en existe deux types : a) la lettre de change et b) le Billet à ordre.

1.Lettre de change : ordre écrit adressé par le vendeur (TIREUR) à l’acheteur (TIRÉ) de payer une somme d’argent à une date déterminée (ou à vue) à lui-même ou à un tiers.

2.Billet à ordre : Ecrit émis par l’acheteur (SOUSCRIPTEUR) qui promet au vendeur le paiement d’une somme due à une date déterminée au profit du vendeur.

L’effet de commerce offre une garantie sur le paiement à l’échéance car c’est un acte de commerce qui est jugé par le tribunal de commerce en cas de litige.

La remise documentaire: l’exportateur mandate sa banque afin d’obtenir le paiement par l’importateur en échange de documents.  Cette technique de paiement limite l’intervention des banques à un mandat de remise de documents commerciaux.

Pas d’engagement bancaire.

 

Le crédit documentaire :  présente la couverture de risque la plus large : il protège le vendeur du risque commercial (l’insolvabilité du client), du risque lié au pays (politique, économique…) et de non-transfert lorsqu’il est irrévocable et confirmé. Par ailleurs, il est soumis à des règles internationales.

Le Crédit Documentaire est la promesse donnée par le Banquier de l’Acheteur au vendeur de régler sa créance contre remise de documents prouvant l’expédition des marchandises ou l’exécution des prestations.

 

On distingue 2 types de crédit documentaire :

a) Le crédit irrévocable

b) Le crédit documentaire irrévocable et confirmé :

– Le crédit irrévocable ne peut être amendé ou annulé que si toutes les parties concernées y consentent. Couvre le risque commercial.

– Le crédit irrévocable et confirmé, en plus de l’engagement irrévocable de payer de la banque émettrice, le vendeur obtient également celui d’une banque appelée « « banque confirmante » de son propre pays ou d’un grande banque internationale située dans un pays à risque politique pratiquement nul.

ARKEA souligne qu’il est fort recommandé de faire une lecture approfondie préalable à l’acceptation du crédit de façon à éviter que ne soient exigés des documents incompatibles avec l’Incoterm. Attention donc à l’Incoterm négocié !

 

 

Les points de vigilance sont nombreux: demander les bons documents et la bonne quantité (se limiter aux indispensables: facture, packing list, certificat d’origine…).

Être précis sur l’émission des documents (bénéficiaire, autorité…). Idem sur le respect des mentions de copies ou originaux. Délais de présentation (21 jours peuvent être raccourcis) …

Lors de la négociation du CREDOC, il est recommandé de préparer un DRAFT avant l’émission, qui sera accepté par les 2 parties.

Enfin, Il est précisé aux participants qu’un Crédit Documentaire se négocie. Bien que parfois complexe et minutieux, il reste le moyen de paiement le plus sécurisant et doit être maîtrisé avec rigueur par les 2 parties.  Ne pas hésiter à se faire accompagner par sa banque.

En conclusion:

Lors de la négociation commerciale de vos contrats, pour le moyen de paiement, il est recommandé de :

Bien évaluer en amont les risques (risques pays, risque acheteur, risque financier, de change, logistique, …)

Choisir le moyen de paiement le plus approprié à vos opérations et sécuriser vos contrats à l’export

Bien négocier l’Incoterm

Vérifier avec sa banque la faisabilité et le coût de l’opération en amont de la négociation afin de calculer son risque (étudier les coûts de financement du projet avec sa banque)

Bien s’informer sur les pratiques du pays

Pour tout complément d’information, n’hésitez pas à contacter vos Conseillers BCI.

 

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