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Consommation
Le Guatemala a une faible consommation de viande de bœuf estimée en moyenne à environ 4 Kg par habitant et par an. A titre de comparaison, le Costa Rica a une consommation moyenne de 17 Kg par habitant et par an. Le pays a également l’une des plus faibles consommations de lait et de produits laitiers en Amérique Latine, estimée à 60 litres par personne et par an.
Les exploitations d’élevage bovin
Typologie
Selon les données fournies par le MAGA dans son document dédié à la politique nationale d’élevage bovin – 2012-2016 :
- 84% des exploitations dédiées à l’élevage bovins ont une surface inférieure à 40 hectares
- 98% de la production laitière proviennent de troupeaux de moins de 50 vaches.
Selon Resilient Central America, dans son Manuel de bonnes pratiques pour un élevage bovin durable au Guatemala (2019), le recensement agricole national de 2003 montrait que :
- 62% des exploitations produisent du lait pour leur propre consommation. Il s’agit de petites exploitations de moins de 5 têtes.
- 31% des exploitations commercialisent une partie de la production. Il s’agit d’exploitations de 5 à 49 têtes.
Le dernier recensement officiel de bétail (trouvé) a eu lieu en 2003. Le stock de bétail déclaré était alors de 1,8 millions de têtes. En 2007, une enquête a permis de déduire que le stock atteignait 2,9 millions de têtes dont :
- 49% sont utilisées pour la viande et le lait
- 35% sont utilisées pour la production de viande uniquement
- 16% sont utilisées pour la production laitière uniquement.
A noter que le système à double usage est moins vulnérable aux variations climatiques et à l’évolution des prix du marché de la viande et du lait.
A cette époque, les élevages se concentraient dans la région côtière du Sud.
Répartition géographique
En 2014, FAOSTAT a estimé un inventaire de 3,5 millions de têtes de bétail, avec une migration du cheptel du sud vers le nord du pays, forcée par les plantations intensives de canne à sucre, de palmiers africains et d’hévéas. La croissance du cheptel bovin implique aussi une expansion des surfaces de pâturage, généralement précédées par la culture de céréales sur brûlis. Cette méthode augmente le taux de déforestation et provoque des dommages environnementaux. De plus, les périodes de sécheresse plus extrême et les périodes de pluies plus abondantes qui provoquent des inondations, sont plus fréquentes. Les quantités de nourriture disponible sont réduites, ce qui entraîne une baisse significative de la bonne santé des troupeaux et un manque de rentabilité des exploitations d’élevage.
Selon Resilient Central America, la répartition géographique du cheptel bovin et la typologie des exploitations :
- Les régions du nord et des Caraïbes (Petén, Izabal et Alta Verapaz) ont la plus forte concentration du cheptel. Les systèmes de production à double usage (lait et viande) et d’engraissement prédominent. Les exploitations sont de taille moyenne (45 à 180 ha) à grande (> 180 ha).
- Les régions du Sud-Est (Jalapa, Jutiapa et Santa Rosa) et du Sud-Ouest (Suchitepéquez, Retalhuleu et San Marcos) suivent. Le système à double usage prédomine. Les exploitations font moins de 45 ha.
- Les hauts plateaux du centre et de l’ouest du pays ont la plus faible concentration du cheptel. Les exploitations sont spécialisées dans la production laitière. Il s’agit d’exploitations de moins de 45 ha qui élèvent des troupeaux de moins de 50 têtes.
Limites des exploitations
- Les éleveurs achètent les intrants au prix de détail sans garantie de qualité
- Les troupeaux ne bénéficient pas de soins de santé
- Manque de moyens technologiques des exploitations
- Faible productivité
- Les éleveurs ne disposent pas d’informations actualisées sur les prix du marché lors de la vente de bétail vivant ou de produits bruts.
Viande bovine
Données issues du Ministère de l’Economie dans son rapport sur l’industrie de la viande en 2019, concernant la viande de bœuf entre 2014-2019 (valeur en milliers de tonnes) (Source USDA)
| 2014 | 2015 | 2016 | 2017 | 2018 | 2019 | |
| Production | 72 | 71 | 97 | 67 | 70 | 75 |
| Importations | 9 | 16 | 15 | 22 | 23 | 23 |
| Exportations | 4 | 5 | 4 | 6 | 5 | 5 |
| Conso. domestique | 77 | 82 | 108 | 83 | 88 | 93 |
| Offre totale | 81 | 87 | 112 | 89 | 93 | 98 |
Attention, ces chiffres peuvent ne pas être en cohérence avec les chiffres tirés du Ministère de l’Agriculture, de l’Elevage et de l’Alimentation dans son document « L’Agro en chiffres – 2016 ».
Production de viande bovine
Bovins de boucherie : stocks et carcasses (MAGA, 2016)
| Année | Stock – nombre de têtes | Nombre de carcasses |
| 2011 | 3 331 600 | 891 500 |
| 2012 | 3 390 600 | 905 400 |
| 2013 | 3 473 300 | 927 300 |
| 2014 | 3 584 800 | 957 600 |
|
2015 (chiffres provisoires) |
3 683 600 | 980 300 |
| 2016 (chiffres estimés) | 3 768 400 | 1 004 900 |
Répartition du cheptel bovin pour la production de viande (MAGA, 2016) :
- Péten (Nord) : 19%
- Escuintla (Sud) : 14%
- Izabal (Nord) : 10%
- Jutiapa (Sud-Est) : 7%
- Santa Rosa (Sud-Est) : 6%
- Retalhuleu (Sud-Ouest) : 6%
Importations et exportations
Selon le MAGA (l’Agro en chiffres 2016 – viande bovine), en 2016, le Guatemala a importé 10 631 tonnes de viande bovine, provenant du Nicaragua (5 410 tonnes), des Etats-Unis (4 554 tonnes), du Costa Rica (286 tonnes) et 381 tonnes de d’autres pays.
Volumes importés de viande bovine entre 2012 et 2016
Viandes de bovins, fraîches, réfrigérées ou congelées – codes douaniers : 0201.10.00; 0201.20.00; 0201.30.00; 0202.10.00; 0202.20.00 ; 0202.30.00 ; droits d’importation de 15 % sur la valeur CAF en traitement général.
| 2012 | 2013 | 2014 | 2015 | 2016 | |
| Tonnes | 6 476 | 5 387 | 6 280 | 11 148 | 10 631 |
| Milliers USD | 25 305 | 24 530 | 28 061 | 55 224 | 48 822 |
Provenance
En 2016, le Guatemala a exporté environ 1000 tonnes de viande bovine. En 2012, le pays avait exporté environ 5000 tonnes, chutant à 1540 tonnes en 2013.
Lait
Production laitière
Selon un article du Ministère de l’économie (31/05/2019), le Guatemala produit 1,4 million de litres de lait par jour, soit une production annuelle de 511 millions de litres. A noter que la production de bufflonne et de chèvre est croissante.
Selon Resilient Central America :
- La production laitière quotidienne moyenne au niveau national est d’environ 4 litres / vache.
- Dans les départements accueillant plus de laiteries (Guatemala, Sacatepéquez, Chimaltenango, Sololá), la moyenne peut atteindre jusqu’à 12 litres / vache / jour.
Production de lait entre 2011 et 2016 (MAGA)
| Année | Lait cru (Millions de Litres) |
| 2011 | 465,27 |
| 2012 | 475,88 |
| 2013 | 487,56 |
| 2014 | 502,93 |
| 2015 (chiffres provisoires) | 518,73 |
| 2016 (chiffres estimés) | 529,62 |
Répartition du cheptel bovin pour la production de lait (MAGA, 2016) :
- Escuintla (Sud) : 18%
- Jutiapa (Sud-Est) : 13%
- Santa Rosa (Sud-Est) : 9%
- Guatemala (Centre) : 6%
- Péten (Nord) : 6%
- Izabal (Nord) : 5%
Importations et exportations
Le Guatemala importe environ 56% de ses besoins en lait.
Selon le MAGA (l’Agro en chiffres 2016 – viande bovine), en 2016, le Guatemala a importé 529,6 millions de litres de lait cru.
Volume importé de lait de consommation entre 2012 et 2016
Codes douaniers : 04011000, 04012000, 04013000, 04014000 et 04015000, soumis à des droits d’importation de 15% sur la valeur CAF en traitement général et de 0% dans le cadre du contingent CAFTA.
| 2012 | 2013 | 2014 | 2015 | 2016 | |
| Tonnes | 32 379 | 37 581 | 45 701 | 45 583 | 37 175 |
| Milliers USD | 24 899 | 28 449 | 35 781 | 36 534 | 30 375 |
Le principal fournisseur est le Costa Rica (entre 55 et 60% des volumes importés), suivi du Honduras (entre 20 et 25% des volumes importés) et du Mexique (environ 12% entre 2014 et 2016).
En 2015 et 2016, le Guatemala n’a pas exporté de lait de consommation.
Volume importé de lait maternisé entre 2012 et 2016
Codes douaniers : 19011011, 19011019, 19011020 avec des droits d’importation de 0% et 19011090 avec des droits d’importation de 10%, sur la valeur CAF en traitement général et de 0% dans le cadre du contingent CAFTA.
| 2012 | 2013 | 2014 | 2015 | 2016 | |
| Tonnes | 5 418 | 5 960 | 5 991 | 5 441 | 6 887 |
| Milliers USD | 21 958 | 28 682 | 29 260 | 26 625 | 31 328 |
Les principaux fournisseurs sont le Mexique, le Chili et le Panama, mais aussi l’Irlande (entre 5 et 10% des volumes importés selon les années).
En 2016, le Guatemala a exporté environ 300 tonnes de lait maternisé, notamment vers les autres pays d’Amérique Centrale.
Volume importé de lait en poudre entre 2012 et 2016
Codes douaniers : 04021000, 04022111, 04022112, 04022121, 04022122 et 04022900 avec des droits d’importation de 15% sur la valeur CAF en régime général et de 0% dans le cadre du contingent CAFTA.
| 2012 | 2013 | 2014 | 2015 | 2016 | |
| Tonnes | 13 728 | 11 123 | 10 907 | 12 820 | 14 600 |
| Milliers USD | 68 116 | 53 214 | 57 544 | 47 266 | 44 789 |
Les principaux fournisseurs sont le Nicaragua, la Nouvelle-Zélande et le Costa Rica.
En 2016, le Guatemala a exporté environ 500 tonnes de lait en poudre, notamment vers les autres pays d’Amérique Centrale.
Transformation
La production primaire de lait et de viande est peu liée à l’industrie agroalimentaire dont les sites de transformation ne sont pas à proximité des zones de production. Les routes dans les zones rurales n’étant pas en bon état, le transport entre les zones de production et de transformation est inefficace et porte atteinte à la qualité et la sûreté des produits. De plus, les négociations sur les prix d’achat sont individuelles et ne garantissent pas les achats futurs.
Ainsi, la transformation artisanale du lait prédomine pour la fabrication de crème, beurre, fromage frais, fromage blanc, etc.
L’abattage du bétail est le plus souvent réalisé dans des abattoirs municipaux à faible technicité et dont les mesures sanitaires sont insuffisantes.
Distribution
La distribution des produits se fait généralement dans des commerces de quartier et des boucheries.
Il existe peu de réglementations sur la conformité de la viande et des produits laitiers pour leur commercialisation.
Organisation de la filière
Les petits et moyens producteurs ne sont pas organisés et agissent individuellement, réduisant ainsi leurs possibilités de formation et une insertion efficace dans les marchés formels.
Les organisations d’agriculteurs existantes sont surtout des organisations sociales et commerciales, mais n’ont en général pas vocation à accompagner les exploitations sur un volet technique et technologique.
On constate aussi un manque d’infrastructures publiques pour les services au secteur de l’élevage, de centres de collecte, ainsi que de structures pour le diagnostic des maladies ou la recherche de solutions pour l’amélioration des exploitations.
Traçabilité et certification
Depuis 2019, le Guatemala a mis en place un système de traçabilité et de certifications des bovins, notamment dans l’objectif de pouvoir exporter du bétail vivant vers le Mexique.
En effet, un accord a été signé fin 2019 entre les deux pays afin d’ordonner, réguler et améliorer le commerce agricole entre le Guatemala et le Mexique. Cet accord doit garantir la traçabilité et la sécurité du cheptel. Des normes sanitaires élevées et des contrôles stricts aux frontières sont mises en place pour permettre de réduire la contrebande provenant principalement du Nicaragua et du Honduras, d’assurer la sécurité alimentaire des consommateurs de la région, et de gagner en crédibilité pour l’exportation de bovins vivants, de viande bovine et de matériel génétique.
Les bovins exportés proviennent de ranchs certifiés par le MAGA comme étant indemnes de tuberculose et de brucellose bovine. Les éleveurs doivent respecter la traçabilité de leurs bovins et obtenir les certificats nécessaires attribués par le MAGA et l’Organisation régionale internationale de la santé agricole (OIRSA). Les bovins élevés sur ces ranchs et présentant des diagnostics négatifs de brucellose et de tuberculose à la fin de leur quarantaine de 21 jours sur leur ranch, sont identifiés par une boucle d’oreille certifiée par le MAGA et OIRSA et peuvent être expédiés. Les agriculteurs mexicains finalisent la phase d’engraissement avant l’abattage.
Ces mesures sanitaires sont essentielles pour la prévention, le contrôle et l’éradication des ravageurs et des maladies. Ce processus de traçabilité garantit la qualité du produit tout au long des chaînes de production, de transformation et de commercialisation jusqu’au consommateur final. Cette certification permet de renforcer le secteur de l’élevage et de se positionner sur de nouveaux marchés.
L’objectif est d’exporter environ 80 000 têtes de bétail vivant par mois, voire un million de bovins par an.
Selon le MAGA, 372 producteurs et 546 fermes sont actuellement (mi-2020) certifiés et plus de 31 000 bovins identifiés et tracés.
Sources :
L’industrie de la viande – Rapport 2019, Ministère de l’Economie
L’agro en chiffres- viande bovine – 2016, Ministère de l’Agriculture, de l’Elevage et de l’Alimentation (MAGA)
Politique nationale d’élevage bovin – 2012-2016, MAGA
Manuel de bonnes pratiques pour un élevage bovin durable au Guatemala – 2019, Resilient Central America
Le Guatemala commémore la Journée mondiale du lait, 31/05/2019, Ministère de l’Economie
La traçabilité garantit le bétail guatémaltèque, 19/08/2020, MAGA
Le Mexique et le Guatemala conviennent de mécanismes de contrôle sanitaire pour l’introduction légale de bovins d’Amérique Centrale, 27/11/2019, Secrétariat de l’agriculture et du développement rural du Mexique
Défi de la contrebande : le Guatemala va commencer à exporter du bétail vers le Mexique, 14/11/2019, Pensa Libre
