Mis à jour le 23/09/2025

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De mai à août 2022, l’actualité n’a pas manqué de commenter les diverses raisons qui ont mené les USA à décréter l’état d’urgence sur les poudres infantiles puis à créer un corridor aérien avec les fournisseurs étrangers pour l’opération Formula Fly.

Si l’émotion et la solidarité étaient de rigueur au vu de la détresse exprimée sur toutes les plateformes par les parents américains confrontés aux étals vides et dans l’incapacité d’alimenter leurs nourrissons, le recul permet des analyses plus structurelles quant à la conjonction des éléments qui ont conduit à cette situation. Les médias ont largement souligné que les perturbations de la supply chain dans le sillage de la Covid-19 étaient déjà à l’ordre du jour en 2021.

Les tensions ont été aggravées par une pénurie de main d’oeuvre avant que la situation ne s’emballe en mai suite à plusieurs rappels de produits à grande échelle après le décès présumé de nourrissons ayant consommé des produits contaminés sur un site industriel majeur pour les marques américaines les plus populaires.

Blâmés pour avoir tardé à prendre conscience de l’ampleur du problème malgré les mises en garde émises par des lanceurs d’alerte, le gouvernement américain et la FDA ont été pris de court et contraints d’accélérer leurs actions pour répondre à la situation de crise en parant au plus urgent. Ils ont ainsi fait jouer la carte de la solidarité internationale auprès des grands producteurs mondiaux et des organismes publics pour faciliter les procédures.

Soumises à des contrôles sanitaires et à des tarifs douaniers drastiques, les poudres infantiles issues d’une demie-douzaine de pays ont été autorisées temporairement sur le marché américain, ce dernier étant caractérisé par une extrême concentration d’acteurs : 90% des poudres infantiles commercialisées dans le pays seraient fabriquées par seulement 3 ou 4 acteurs, ce qui a vraisemblablement exacerbé la crise. Au niveau macroéconomique, les experts les plus attentifs ont pointé à posteriori que les négociations des accords de libre-échange américains ne sont pas étrangères à la situation qui s’est produite.

Du côté des consommateurs, la panique a aussi amplifié les surstockages de certains et les appétits spéculatifs des autres. En juillet, les ministères américains ont organisé un forum pour tirer des enseignements de cette crise et améliorer la résilience des supply chain mondialisées pour les produits essentiels.

 

Top 5 des fournisseurs et Top 5 des clients mondiaux

 

 

 

Chiffres clés

 

  • La valeur des exportations mondiales s’est tassée de -14% entre 2020 et 2021, pour un
    TCAC 2017-2021 de -2%.
  • Depuis 2015, la Chine a porté son poids de ~20% à ~40% des importations mondiales, malgré un ralenti en 2021.
  • Tributaires à ~60% des 5 plus gros fournisseurs mondiaux, les importations sont à ~1/4 approvisionnées par les Pays-Bas, en net recul en 2021.
  • 2e exportateur, la France pèse stablement ~10% des exportations mondiales.

 

Évolution des échanges trimestriels français face à l’offre et à la demande mondiales depuis 2017