Mis à jour le 27/05/2021

Présentation

Qui êtes-vous ?

Je suis Valérie Chesneau, Partenaire de Bretagne Commerce International depuis 2016 au travers de Cross-Business, cabinet de Conseil en Commerce International que j’ai fondé et que je dirige depuis 2012. Je suis passionnée par l’entreprenariat, les grands projets, l’international ! Accompagner les entreprises dans leur développement international est une aventure formidable !

Je réside en Afrique du Sud depuis plus de 20 ans. J’ai débuté ma carrière, en France en 1993 auprès de la société 3M, comme Team Leader, avant de m’expatrier. En Afrique du Sud, j’ai rempli les fonctions d’Analyste Marché pour Sodexo avant de rejoindre le réseau des Missions Economiques (aujourd’hui Business France) pour y accomplir successivement les responsabilités d’Attachée Juridique et d’Attachée Sectorielle.

Ces expériences ont été l’occasion de belles rencontres professionnelles et de construire un réseau de contacts solide.

Les sociétés bretonnes s’intéressent à ce marché riche en opportunités. Certaines sont implantées depuis plusieurs années : InVivo Coprex et Olmix (nutrition animale), Ceva (santé animale), Evolution (génétique – JV avec le sud-africain Taurus), SDMO (groupes électrogènes), Bolloré (transport) ou sont présentes à travers des distributeurs : C’est le cas de Tipiak, Krampouz, Les Conserveries Jean Floc’h, … Ici, on dit également qu’un petit bout de Bretagne est « amarré à un ponton », dans le Port de Simon’s Town (près du Cap) du fait de la présence de trois sous-marins Daphné achetés par l’Afrique du Sud à Lorient, dans les années 1970… le Capitaine Robert de Kersauson, oncle d’Olivier de Kersauson repose également à Franschoek, près du Cap. TebéSud via ses reportages « Bretons d’Ailleurs » relate aussi régulièrement la vie de bretons expatriés en Afrique du Sud venus chercher une expérience de vie inédite…

Secteurs porteurs

D’après-vous, quels sont les secteurs porteurs pour les entreprises bretonnes en Afrique du Sud ?

Le secteur financier (21% du PIB) est le secteur le plus important de l’économie sud-africaine. Sur une longue période, il est également le principal contributeur à la croissance notamment parce qu’il est très internationalisé. Le pays s’est également développé autour de l’exploitation de ses ressources naturelles abondantes (or, platine, diamant, charbon, et autres – tous les minerais sont présents en Afrique du Sud, sauf la bauxite !). Le secteur emploie plus d’un million de personnes et représente 50% des exportations du pays !

L’énergie est un secteur porteur avec une contribution de plus de 15% au PIB. Le pays mise sur un mix énergétique en favorisant les énergies renouvelables et souhaite avant tout rompre sa dépendance aux énergies fossiles puisque l’électricité provient actuellement à plus de 93 % du charbon. Quant aux transports, le réseau routier est fort bien développé et le pays dispose du plus grand réseau ferroviaire du continent avec 22 000 km de voies ferrées dédiées principalement au transport de marchandises et de minerais.

Les derniers projets tels la construction de la ligne express « Gautrain » par le consortium Bouygues / RATP / Bombela et le projet Alstom (contrat PRASA = opérateur ferroviaire passager sud-africain de 4,5 milliards d’euros) montrent bien la volonté du gouvernement de faire appel aux entreprises internationales.

La construction et les infrastructures bénéficient d’un vaste programme public ; les routes, le réseau ferré, les ports et aéroports sont concernés par la construction. L’organisation de la Coupe du Monde a également profité à ce secteur ! De nombreux stades, voies, bâtiments ont été réalisés, rénovés, avec des retombées importantes. A savoir, les ports sud-africains gagnent en compétitivité.

Le secteur automobile est un marché d’environ 12 millions de véhicules passagers (fabriqués et importés). A noter la présence de 7 constructeurs mondiaux de véhicules passagers (Toyota, Mercedes, BMW, Nissan, etc.) et de 16 des 20 équipementiers mondiaux. L’Afrique du Sud est par ailleurs le leader mondial des pots catalytiques (du fait de l’exploitation du platine). Toutefois, le secteur souffre régulièrement de grèves des ouvriers métallurgistes.

Le réseau de télécommunications est de plus en plus performant. La 4G est bien développée, l’accès à Internet s’est amélioré avec le déploiement de la fibre et de nombreux services de paiement en ligne existent (A savoir Pay Pal, dont le sud-africain Elon Musk est l’inventeur, est en partie détenu par des capitaux sud-africain !).

Le commerce via des applications mobiles est définitivement un marché d’avenir dans ce pays où le taux de pénétration de smartphone avoisine les 100% !. Aussi, en 2020, l’Afrique du Sud était le premier pays au monde à lancer le réseau 5G commercial.

 

 

Pratiques des affaires

Dans le cadre des pratiques commerciales, lorsque l’on souhaite travailler avec l’Afrique du Sud, sur quoi doit-on être vigilant ?

Les pratiques commerciales sud-africaines sont celles en usage en Europe.

Les contrats, brochures et tous les documents d’une société doivent être rédigés en anglais, la (principale) langue de travail. Les versions électroniques sont à privilégier ! La maîtrise de l’anglais est une condition indispensable pour mener à bien les affaires.

Les déplacements sont recommandés pour se faire connaître auprès acteurs locaux. Les sud-africains accordent en effet une grande importance au contact direct. Lors de la rencontre, les cartes de visites sont échangées d’emblée. Le rendez-vous est autant que possible un moment de convivialité : il est fréquent de se rencontrer à l’occasion d’un petit-déjeuner ou déjeuner pour aborder des sujets professionnels. Le contact direct doit être entretenu par des visites régulières, des participations à des salons, voire des invitations en France.

Comment les Français sont-ils perçus en Afrique du Sud, et à fortiori, les Bretons ?

Le français véhicule surtout une image de sophistication. La France est connue en Afrique du Sud pour sa gastronomie, ses produits du terroir, le Champagne et le Cognac, la mode, le parfum et bien d’autres produits de luxe. Les bretons ne sont pas perçus différemment par les sud-africains, Pour eux, il n’y a qu’une seule France.

Forces et faiblesses de l'Afrique du Sud

Forces Faiblesses
  • Un pays qui a réussi sa transition démocratique après un demi-siècle d’Apartheid !
  • Un pays magnifique où les opportunités professionnelles demeurent nombreuses
  • Un environnement juridique favorable aux investissements et sûr
  • Un tremplin vers les pays d’Afrique australe ou d’Afrique subsaharienne
  • Une monnaie faible par rapport à l’euro ou au dollar qui favorise l’implantation d’entreprises françaises
  • Une fiscalité correcte
  • De nombreux accords de libre-échange assortis de tarifs douaniers préférentiels
  • Défiance vis-à-vis de l’Exécutif
  • Le pays n’est pas à l’abri d’une dégradation de sa note souveraine
  • Une monnaie volatile, sensible aux évolutions conjoncturelles
  • La lenteur administrative peut rebuter les investisseurs
  • L’insécurité (toutefois largement exagérée par les médias étrangers.)

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