Mis à jour le 19/01/2026
/PRESENTATION
QUI ÊTES-VOUS ?
Je suis Valérie Chesneau, Partenaire de Bretagne Commerce International depuis dix ans, au travers de Cross-Business, Société d’Accompagnement en Commerce International que j’ai fondée et dirige depuis 2012.
Je suis passionnée par l’entreprenariat, les grands projets et l’international. Accompagner les entreprises dans leur développement international est une aventure formidable !
Je réside en Afrique du Sud depuis 26 ans. J’ai débuté ma carrière, en France en 1993 auprès de la société 3M avant de m’expatrier. En Afrique du Sud, j’ai rempli les fonctions d’Analyste de Marchés pour Sodexo puis, j’ai rejoint le réseau des Missions Économiques (aujourd’hui Business France) pour y accomplir successivement les responsabilités d’Attachée Juridique et d’Attachée Sectorielle.
Ces expériences ont été l’occasion de belles rencontres professionnelles et de construire un réseau de contacts solide.
Les sociétés bretonnes s’intéressent à ce marché riche en opportunités. Certaines se sont implantées et sont très actives, d’autres ont trouvé un distributeur.
ADM (anciennement InVivo) Coprex, Ceva Animal Health, Évolution (anciennement Taurus Évolution), Timac (groupe Roullier) Kohler SDMO, AGL – Groupe MSC (anciennement Bolloré) se sont implantées.
Olmix, Kersia (ex Hypred), Tipiak, Krampouz, GlobXplore, Henaff sont présentes à travers des distributeurs.
Ici, on dit également qu’un petit bout de Bretagne est « amarré à un ponton », à Simon’s Town (près du Cap) du fait de la présence de trois sous-marins Daphné achetés par l’Afrique du Sud au chantier naval de Lorient, dans les années 1970. La Bretagne a également fourni la technologie, les moteurs, les systèmes de navigation et la mécanique des Daphné.
Aussi, le Capitaine Robert de Kersauson, oncle d’Olivier de Kersauson repose à Franschoek, près du Cap.
Les reportages « Bretons d’Ailleurs », relatent régulièrement les parcours de Bretons expatriés en Afrique du Sud, venus chercher une expérience de vie inédite…
SECTEURS PORTEURS
Très internationalisé, le secteur des services demeure le pilier de l’économie sud-africaine. Il représente la part la plus importante du PIB, avec une forte domination des services financiers, des assurances, du conseil, de l’ingénierie et des services aux entreprises. Johannesburg reste le principal hub financier du continent, attirant capitaux internationaux et implantation de sièges régionaux.
L’Afrique du Sud s’est historiquement développée autour de l’exploitation de ressources naturelles abondantes. Le pays dispose de la quasi-totalité des réserves mondiales des minerais stratégiques dont l’or, le platine, le chrome, le manganèse, le charbon, exploités par de grands groupes internationaux : Anglo American, Glencore, Sibanye-Stillwater et Impala Platinum. Ce secteur reste fortement orienté vers l’exportation et bénéficie d’une demande mondiale soutenue, principalement pour les métaux liés à la transition énergétique.
Le secteur de l’énergie constitue aujourd’hui l’un des principaux moteurs de croissance. Dépendante du charbon (70%), l’Afrique du Sud accélère sa transition vers les énergies renouvelables. Le programme national d’indépendance énergétique et l’ouverture accrue au secteur privé ont permis une augmentation significative des capacités installées. Plusieurs groupes internationaux, dont des entreprises françaises : EDF, Engie, l’AFD, sont positionnés sur des projets d’envergure dans les renouvelables, le stockage et les réseaux intelligents. Le gouvernement devrait publier début 2026 son nouveau Plan Énergétique Intégré (IEP) qui définira la trajectoire à suivre vers la neutralité carbone en 2050.
Parallèlement, les normes de construction récemment renforcées visent à améliorer l’efficacité énergétique, créant des opportunités dans : l’isolation, la gestion intelligente des bâtiments et l’automatisation. La présence française est très bien positionnée.
Le nucléaire est d’actualité avec des projets de maintenance de la centrale existante et le développement de petites unités modulaires (SMR).
Les infrastructures de transport (routières, ferroviaires et portuaires) sont globalement de bonne qualité mais souffrent d’années de sous-investissements. Avec plus de 22 000 km de voies ferrées, l’Afrique du Sud dispose néanmoins du plus vaste réseau ferroviaire du continent. Des projets ont été réalisés ou sont en cours dans le cadre de partenariats public-privé, associant acteurs locaux et groupes internationaux, notamment français (Bouygues, RATP Dev, Alstom, Thales). Le Gautrain, train reliant Johannesburg, Pretoria et l’aéroport international de Johannesburg, reste un succès emblématique de cette coopération. Le renouvellement du matériel roulant, la modernisation des ports et la logistique est une priorité du gouvernement.
Le secteur automobile demeure un pilier industriel majeur contribuant à près de 5,3 % du PIB. Le parc de véhicules passagers est estimé à 12 millions d’unités (+20 % en 2025) et le pays accueille 7 constructeurs mondiaux (dont le groupe Stellantis) avec plus de 500 équipementiers et sous-traitants (dont les Français Forvia, Valeo, Michelin, Plastic Omnium, CFAO). Les investissements récents confirment l’attractivité du pays pour des projets de modernisation industrielle, d’électrification et d’export. L’Afrique du Sud ambitionne de se positionner comme une plateforme régionale pour la mobilité et est soutenue par des incitations fiscales.
Le secteur des télécommunications et du numérique est l’un des plus avancé d’Afrique. L’Afrique du Sud a été pionnière dans le déploiement commercial de la 5G et dispose d’infrastructures télécoms parmi les plus modernes du continent. La présence française est significative (Orange Business, Canal+ / Vivendi, Trace, Thales, Eutelsat, Gemalto, Digital Virgo, Evina, etc.).
Cette dynamique soutient fortement le développement de la fintech (licornes), des services digitaux, du cloud (AWS, Microsoft Azure, Google Cloud), de la cybersécurité et de l’e-commerce (implantation récente d’Amazon), portée par une population jeune et (très) connectée.
L’agroalimentaire est un secteur dynamique et attractif (3 % du PIB national) marqué par des investissements de grands groupes internationaux (Coca Cola Beverages African, Heineken, Soufflet, PepsiCo, Nestlé, Unilever).
La transformation locale, l’innovation produit et la montée en gamme sont des prérequis du gouvernement et répondent à une demande croissante des consommateurs. La hausse démographique, l’urbanisation rapide et le développement de la classe moyenne continuent de soutenir la consommation de produits alimentaires transformés.
Le secteur agricole représente 3 % du PIB, cependant il joue un rôle moteur de croissance employant 9 % de la population active. Des investissements internationaux et une modernisation accrue du secteur positionnent l’Afrique du Sud comme un exportateur net de produits agricoles et agroalimentaires.
Le pays est largement autosuffisant pour de nombreuses cultures (maïs, soja, agrumes), et le secteur de l’élevage bovin. Les groupes français Limagrain et Roullier fournissent des produits et solutions innovantes pour accélérer les rendements des cultures sud-africaines.
À noter, le pays figure parmi les 10 plus grands producteurs mondiaux de vin, occupant une place de premier plan sur les marchés internationaux.
Enfin, le secteur de la santé est moderne, dynamique et connaît une croissance soutenue, avec la présence d’entreprises / laboratoires pharmaceutiques internationaux (Johnson & Johnson, Pfizer, Aspen, Sanofi, CFAO, Bio Mérieux, Cerba Lancet, Servier), de groupes hospitaliers privés performants développés internationalement et d’un écosystème médical reconnu. L’installation du centre de transfert technologique de l’OMS (via Biovac) pour la fabrication de vaccins à destination du continent, renforce le rôle stratégique de l’Afrique du Sud comme hub sanitaire pour l’ensemble du continent. Des essais cliniques (tuberculose, paludisme) sont par ailleurs en cours de développement et devraient voir le jour ces prochains mois.
D’une manière générale, les entreprises implantées en Afrique du Sud utilisent le pays comme plateforme régionale, rayonnant sur l’ensemble de l’Afrique, ce qui démultiplie leur potentiel de croissance et d’exportation.
OPPORTUNITES D'AFFAIRES POUR LES ENTREPRISES BRETONNES (NON EXHAUSTIVES)
Mines
La Bretagne étant un pôle d’excellence en cybersécurité, IoT et analyse de données, son expertise de pointe est totalement alignée avec les besoins du secteur minier sud-africain qui continue de se moderniser (logiciels, applications, technologie 4.0).
Ferroviaire
L’Afrique du Sud possède un vaste réseau ferroviaire qui souffre de maintenance.
Les entreprises bretonnes spécialisées dans les systèmes de surveillance (réseau et matériel roulant), dans les systèmes embarqués (pour les locomotives hybrides / électriques) peuvent tout à fait se positionner comme sous-traitants de géants mondiaux déjà implantés.
Agriculture et Élevage
C’est le secteur historique de coopération. Les entreprises bretonnes y apportent leur savoir-faire :
- Olmix Group pour les biotechnologies marines pour la santé animale et végétale
- Groupe Roullier via Timac pour les solutions de nutrition animale
- Kersia (ex Hypred) pour la biosécurité en élevage et la sécurité alimentaire
- Groupe Cooperl / Tuffigo Rapidex matériel de bâtiment d’élevage et solutions technologiques pour l’industrie de la viande
Parmi les acteurs historiques rachetés ou intégrés : Évialis (Neovia puis In Vivo puis ADM), BCF Life Sciences (Sonae), Taurus Evolution International.
Les recherches portent actuellement sur la possibilité de trouver de nouvelles ressources en eau et leur potabilisation (dessalement, filtrage membranaire osmose inverse) pour transformer les eaux polluées par d’anciennes mines, en eaux potable ou industrielles.
L’Afrique du Sud mène une politique agricole basée sur l’industrialisation, le secteur est sans cesse à la recherche de solutions technologiques intelligentes, pour produire à moindre coût et de façon plus verte : serre, irrigation, entrepôts frigorifiques, drones d’épandage et capteur IoT pour l’irrigation.
L’offre bretonne peut faire la différence sur de nombreux produits et équipements sur deux secteurs clés : l’aviculture, l’élevage bovin et porcin et prospectivement l’aquaculture.
Agroalimentaire
Les opportunités pour les entreprises bretonnes sont significatives sur les segments suivants, fortement demandés par la classe émergente : le matériel de transformation (laitière, salaison, conserverie, boulangerie), les ingrédients, les produits d’épicerie fine (produits laitiers, charcuterie, condiments, sauces, biscuiterie), les plats préparés (recettes originales saines), les snacks sains, les boissons Ready to Drink.
Énergie
La région bretagne et l’Afrique du Sud partagent de nombreuses ambitions sur le développements de logiciels de gestion dédiés à l’industrie et au secteur agricole ainsi que l’hydrogène vert. L’expertise du savoir-faire de la région bretagne pourrait se révéler intéressante pour les secteur minier et ferroviaire.
Santé
Les segments suivants : appareils de diagnostic de maladies chroniques (diabète, VIH, tuberculose), logiciels d’analyse d’imagerie, équipements de désinfection et de stérilisation, logiciels spécialisés d’aide aux diagnostics (oncologie, cardiologie, etc.), solutions de e-santé proposant des solutions de suivi de patients à distance.
PRATIQUES DES AFFAIRES
Langue des affaires
L’anglais est indispensable : brochures, cartes de visite, correspondance et présentations, contrats doivent être rédigés en anglais.
Relations
Le contact direct est crucial : les Sud-Africains accordent une grande importance aux rencontres en présentielles.
Les déplacements réguliers sur place permettent de se faire connaître et d’entretenir le réseau.
Les rendez-vous / réunions sont souvent informels et se déroulent dans un cadre convivial.
Suivi des relations
La relation post-rendez-vous est essentielle : appels, emails de suivi, visites sur site, invitations à des salons renforcent la crédibilité envers les partenaires.
Connaissance du marché
Le cadre légal, fiscal et réglementaire, notamment pour les contrats doit être maîtrisé.
Comprendre les cultures et pratiques locales
Les différences régionales peuvent être importantes : le Cap (Western Cape), Durban (KwaZulu Natal) et Johannesburg (Gauteng) ont des cultures d’affaires différentes.
Éthique et intégrité
La transparence et l’éthique sont essentielles.
Comment les Français sont-ils perçus en Afrique du Sud, et à fortiori, les Bretons ?
Les Français sont généralement perçus comme raffinés. On associe souvent la France à la gastronomie, aux vins et spiritueux, aux produits du terroir, ainsi qu’à la mode et aux produits de luxe. Cette réputation positive confère aux entreprises et produits français un capital de sympathie élevé.
Les Bretons, en tant que région, ne sont pas perçus de manière spécifique. Pour la plupart des Sud-Africains, la France reste une entité unique.
FORCES ET FAIBLESSES DE L'AFRIQUE DU SUD
| Atouts | Faiblesses |
| – La position stratégique du pays sur la scène internationale
– L’organisation du G20 en Afrique du Sud a renforcé l’image du pays (et du continent) – L’environnement des affaires : le cadre juridique et fiscal est favorable aux investissements et exportations – Le pays est un tremplin vers les marchés d’Afrique australe et subsaharienne – L’avantage monétaire : la monnaie est dévaluée par rapport à l’euro et au dollar rendant les coûts d’implantation compétitifs – L’accord de libre-échange commercial avec l’Union Européenne offre des tarifs douaniers préférentiels |
– Le gouvernement sud-africain peine à rétablir la confiance internationale à la suite de scandales de corruption
– Les importations de biens et services sont renchéries du fait d’une monnaie dévaluée et volatile par rapport à l’euro et au dollar – Les procédures administratives (immigration, droit du travail, politique de discrimination positive) peuvent décourager les investisseurs étrangers – L’insécurité est exagérée par les médias internationaux, véhiculant une image négative du pays – Certains secteurs souffrent de sous-investissements – Les droits de douane fixés par l’administration Trump sont de 30 % sur les exportations vers les États‑Unis rendant les produits exportés moins compétitifs. |
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