Mis à jour le 18/01/2021

Bien que les économies émergentes occupent une place croissante dans les échanges mondiaux et déplacent le centre de gravité à l’Est,  les échanges de marchandises intracommunautaires n’en ont pas moins fortement augmenté, soit + 100 % en valeur depuis 20 ans.

La France n’a participé à ce dynamisme que modérément : ses exportations vers l’Europe n’ont crû que de 26 % en valeur sur cette période.

La France reste un poids lourd de l'Europe

Comme l’indique le rapport de la direction générale du Trésor et du ministère de l’Europe et des affaires étrangères sur le commerce extérieur français, en 2019, la France a exporté 508 Mds€ de marchandises et 251 Mds€ de services, contre 567 Mds€ et 229 Mds€ pour les importations.

En légère baisse grâce au dynamisme de l’aéronautique, de la chimie, de la pharmaceutique et du luxe à l’export, le déficit dans les marchandises atteint donc ~ 59 Mds€, soit de loin le plus important déficit commercial au sein de l’UE-27, et reste en grande partie causé par la facture énergétique du pays, alors que les services affichent un excédent de ~ 22 Mds€.

Si la perspective du Brexit et les tensions commerciales entre la Chine et les USA ont diminué la croissance globale des échanges mondiaux, la France parvient à maintenir sa place de 5e exportateur mondial de biens et de services. L’UE reste de loin le 1er partenaire des échanges commerciaux et son 1er marché d’exportation (59 % des exportations françaises en 2018).

La répartition des échanges de la France tend à refléter celle de l’UE- 27 au global malgré des différences notables en termes de balances excédentaires ou déficitaires.

Alors que le poids des échanges avec l’Asie-Pacifique est relativement calqué sur l’UE- 27, la France affiche une part d’échanges légèrement plus faible avec la zone Europe et les Amériques, ses exportations avec l’Amérique du Nord étant toutefois en progression continue depuis 4 ans, à l’instar des exportations vers l’Asie-Pacifique.

Comparativement à l’UE- 27, le pays bénéficie par ailleurs d‘une part accrue d’exportations vers l’Afrique, en particulier vers la zone Euromed et l’Afrique occidentale, même si ces destinations tendent à fluctuer à la baisse en valeur depuis 2016, de même qu’avec les pays du Proche-Orient et du Moyen-Orient.

Comparativement plus dépendante des fournisseurs asiatiques que l’UE- 27 pour ses importations de marchandises, la France affiche des déficits commerciaux relativement importants avec cette zone mais reste avant tout dépendante des fournisseurs européens, en particulier intra-UE (~ 53 % des importations totales), ainsi que de la zone Euromed.

Fortes dépendances et concurrences intra-UE

La concurrence que subit la France sur ses grands marchés historiques tend à se renforcer, en raison d’une perte de compétitivité-coût et d’un positionnement géographique aujourd’hui plus décentré au sein de l’UE, et faute d’une montée en gamme et d’une diversification sectorielle et géographique suffisante face à l’Allemagne, puissance qui est à la fois principal fournisseur, principal client et principal compétiteur.

Les pays limitrophes de la France en Europe de l’Ouest et du Sud pèsent 70 % de ses exportations intra-UE alors qu’ils représentent ses principaux concurrents directs.

Tandis que l’Allemagne et les Pays-Bas tendent à consolider leurs positions fortes, plusieurs pays d’Europe centrale affichent des progressions notables depuis leur accession au marché unique, en particulier la Pologne, la République tchèque et la Hongrie. Leur forte compétitivité-coût a entraîné une recomposition notable de la supply chain au sein de l’UE, ce dont certains États-membres, à commencer par l’Allemagne, ont su tirer parti pour maintenir leur assise industrielle et renforcer leurs exportations de produits finis, en particulier dans l’automobile.

Le commerce extérieur reflète la crise

Sous l’effet de la crise liée à la Covid-19, la France a vu ses exportations et ses importations baisser de respectivement – 7,3 % et – 6,2 % au 1er trimestre 2020.

Les exportations ont connu une contraction drastique en raison d’une chute des livraisons dans l’aéronautique après un 4e trimestre 2019 particulièrement élevé, bien que le secteur reste excédentaire. Tous les secteurs affichent un fort recul entre le 4e trimestre 2019 et le 1er trimestre 2020, dont les matériels de transport, l’automobile, le textile-habillement et les équipements mécaniques. Tandis que les produits agroalimentaires se sont maintenus, seules les livraisons de produits pharmaceutiques et agricoles ont connu une hausse notable.

Les importations ont aussi nettement reculé dans tous les secteurs hors produits pharmaceutiques et pétroliers, sachant que le déficit énergétique a réduit en raison de la chute des prix du pétrole.

Répartition des zones géographiques dans le commerce extérieur de l’UE- 27 en 2019

Les échanges de biens de la France en 2019

 

Sur la base des chiffres du commerce international communiqués par la Douane française, hiérarchisés selon les zones de partenariats de l’UE, on observe que les pondérations des exportations et importations de marchandises de la France tendent à refléter celles de l’UE- 27, avec quelques “faiblesses” notables en termes de présence sur certains marchés à l’export, en particulier l’Amérique du Nord, la Russie et l’Europe de l’Est, ainsi que le Royaume-Uni. La France présente aussi certains déséquilibres de balance commerciale plus marqués que l’UE- 27 mais tend à afficher des positions plus fortes en Asie-Pacifique et en Afrique.

 

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