Mis à jour le 11/01/2022

Ayant fait preuve d’une remarquable stabilité en 2020 (- 0,1 %), les exportations directes d’équipements agricoles surperforment en 2021!

Au-delà de combler les pertes enregistrées sur certains marchés spécifiques l’an passé, le secteur a renforcé sa compétitivité à l’international  et demeure relativement bien aligné sur les fluctuations saisonnières de la demande observée au sein des grands importateurs européens.

 

Infographies : 

Évolutions observées au sein du Top 5 des clients des équipements agricoles bretons

Évolutions des échanges trimestriels bretons dans les équipements agricoles entre 2017 et 2021

De bonnes perspectives à court terme

Malgré leur résistance tout au long de 2020, les exportations directes d’équipements agricoles et forestiers bretons n’en ont pas moins traversé une situation de chutes majeures sur nombre de marchés clés, ce que le renforcement de quelques destinations est parvenu à compenser. La situation semble bien orientée pour revenir à la normale cette année (71 M€ sur les 3 premiers trimestres 2021, + 31 % par rapport à la même période en 2020), les exportateurs bretons parvenant d’une part à regagner le terrain perdu sur ces marchés majeurs et d’autre part à se maintenir sur les marchés renforcés durant la crise.

À noter que dans son dernier rapport économique, l’Axema s’interroge sur la potentielle perte de compétitivité de la filière française des agri-équipements, pointant un recul graduel de parts de marché depuis 20 ans, mais conclut plutôt sur une stabilisation de la présence française à l’international.

Dans sa note de conjoncture, le syndicat anticipe une bonne croissance en 2021 dans la suite des plans de relance. Malgré le dynamisme de la demande, le secteur fait néanmoins face comme d’autres industries à des pénuries de composants et à la hausse du prix des matières premières et des coûts de transport. 2021 pourrait se clore sur des tensions de supply chain qui nourriront l’incertitude pour 2022.

Des rebonds post-pandémiques très notables

Si plusieurs marchés secondaires ont bien progressé à l’export dans le contexte de pandémie, c’est avant tout l’accélération remarquable de la demande allemande qui a soutenu l’ensemble du secteur quasiment à elle-seule en 2020 (7 M€, + 60 %), portant le poids de l’Allemagne, 2e importateur mondial, à ~ 10 % des exportations des équipements agricoles bretons et les parts de marché régionales à ~ 0,15 % des importations allemandes.

Le ralentissement observé sur ce marché depuis le début de l’année (5 M€ sur les 3 premiers trimestres 2021, – 11 % par rapport à la même période en 2020) est donc à pondérer à l’aune de cette performance, la croissance restant très nette par rapport à 2019 et 2018. Source de perspectives favorables, la plupart des autres destinations majeures pour les expéditions bretonnes tend à avoir rebondi ou à “revenir à la normale” en parallèle.

Après avoir vu leur tendance haussière stoppée net l’an passé (14 M€, – 15 %), les exportations vers la Pologne semblent ainsi parties pour reprendre leur dynamique en 2021 (14 M€, + 50 %), ce qui devrait permettre à la Bretagne d’y maintenir des parts de marché proches de ~ 1 % et une croissance nette par rapport aux niveaux pré-pandémiques. Au Royaume- Uni, le recul significatif enregistré en 2020 (5 M€, – 19 %) pourrait également être compensé cette année (5 M€, + 26 %), permettant aux exportateurs bretons de retrouver une part de marché proche de 0,3 %.

Une tendance similaire peut être observée en Espagne, où le ralentissement subi l’an dernier (6 M€, – 4 %) débouche sur un retour de croissance sur les 3 premiers trimestres de 2021 (4 M€, + 10 %), de même qu’en Belgique, où le rebond observé cette année (4 M€, + 26 %) pourrait permettre de retrouver les niveaux de 2019 après le coup d’arrêt marqué en 2020 (4 M€, – 15 %), ainsi qu’en Italie, où une réaccélération notable pourrait caractériser 2021 (3 M€, + 315 %) après une chute drastique l’an passé (1 M€, – 50 %).

Alors que la demande reste très soutenue aux Pays-Bas, au Danemark et en Suisse, la tendance est à l’inverse au ralentissement sur des débouchés plus secondaires comme le Canada, la Hongrie, la République tchèque ou les USA, qui avaient soutenu la résistance du secteur en 2020.

Évolutions observées au sein du Top 5 des clients des équipements agricoles bretons

Une bonne capacité à capter de la croissance

Affichant une meilleure résistance que les exportations nationales (- 6 %) et la demande mondiale (estimée à – 3 %), le secteur des équipements agricoles bretons traduit sa capacité à renforcer sa compétitivité et conserve des parts de marché non négligeables sur les grands marchés importateurs européens, où elles peuvent fournir de 0,1 % à 1 % de la demande du secteur.

La valeur des exportations régionales semble très bien synchronisée avec les cycles et les fluctuations saisonnières qu’affiche la demande de ses principaux clients et ne semble pas en décrocher jusqu’à présent, hormis peut-être au Benelux.

Les exportateurs bretons tendent toutefois à rester très centrés sur le marché européen et peu présents sur les destinations nord-américaines et asiatiques, marchés majeurs mais très concurrentiels, tout en présentant un degré de dépendance de plus en plus élevé face aux évolutions actuelles ou futures de la demande polonaise.

Évolutions des échanges trimestriels bretons dans les équipements agricoles entre 2017 et 2021

 

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