Mis à jour le 05/06/2026
/Et si le Canada devenait l’un des marchés les plus stratégiques au monde pour l’industrie de défense dans les 10 prochaines années ?
Face à un contexte géopolitique en mutation, tensions internationales, souveraineté arctique, réorganisation des alliances, le Canada engage aujourd’hui un virage majeur de sa politique de défense.
Sa nouvelle stratégie industrielle de défense ambitieuse vise à renforcer sa souveraineté nationale, accélérer ses achats militaires et surtout développer une base industrielle forte et compétitive.
Avec à la clé des centaines de milliards d’investissements dans les prochaines années, une montée rapide vers les standards OTAN et une volonté claire de diversifier ses partenaires internationaux.
C’est sur ce thème que sont intervenus Laurent Satre, Fondateur & CEO de REZOWAY, et Olivier PERRIN, Président de la société BECOMING ELSEWHERE, à l’occasion d’un webinaire organisé à destination des entreprises bretonnes.
Points abordés
- L’écosystème : Comment est structuré le marché défense au Canada ;
- Les voies d’accès au marché (dont donneurs d’ordre majeurs) ;
- Le cadre législatif et réglementaire canadien ;
- Comment trouver le bon partenaire industriel/commercial/technologique ;
- Exemples concrets de business établis d’acteurs français.
Que faut-il retenir de ce webinaire ?
Retour de Karen BERLAN LHERBETTE – Chargée de projets
” Le Canada est engagé dans une accélération majeure de ses investissements de défense, sous l’effet des engagements OTAN, de la guerre en Ukraine, de la modernisation du NORAD et des enjeux de souveraineté dans l’Arctique.
Les dépenses militaires ont fortement augmenté ces dernières années et le gouvernement fédéral prévoit plus de 80 milliards de dollars canadiens de nouveaux investissements depuis 2025 à horizon 2030.
Les priorités d’investissement concernent les forces armées, la garde côtière, les infrastructures critiques, la cybersécurité, les capacités arctiques, le spatial et l’industrie de défense.
Des programmes importants sont engagés dans l’aérien (renouvellement de la flotte de chasseurs), le maritime (frégates et destroyers), la cyberdéfense, les systèmes satellitaires et les infrastructures nordiques.
L’Arctique constitue un axe stratégique central. Le Canada cherche à renforcer sa présence face aux ambitions russes et chinoises, en développant radars, surveillance satellitaire, infrastructures portuaires, pistes aériennes, drones et capacités de renseignement.
Trois pôles géographiques structurent principalement l’écosystème défense canadien :
- Ottawa concentre les centres de décision, les ministères, les achats publics et les grands programmes fédéraux.
- Le Québec regroupe les activités d’innovation, d’intelligence artificielle, de cybersécurité, d’aéronautique et de R&D.
- Le Grand Nord concentre les investissements liés à la souveraineté et aux infrastructures stratégiques.
Au Québec, plusieurs pôles sont identifiés comme particulièrement porteurs :
- Montréal : IA, cybersécurité, aéronautique, spatial, logiciels et données.
- Québec / Valcartier : recherche militaire, photonique, capteurs et essais.
- Longueuil : aéronautique et systèmes embarqués.
- Saguenay : drones et systèmes autonomes.
- Saint-Jean-sur-Richelieu : sécurité civile, logistique, télécommunications, capteurs et nouveaux matériaux.
- Gatineau : cybersécurité, quantique et proximité avec les décideurs fédéraux.
=> Les domaines jugés les plus prometteurs pour les entreprises françaises sont la cyberdéfense, l’intelligence artificielle, les drones, les systèmes autonomes, les capteurs, le spatial, les communications sécurisées, la gestion de l’eau, l’énergie dans les territoires isolés, la logistique en environnement extrême et la sécurité civile.
=> Conseil aux entreprises : une simple démarche d’exportation est rarement suffisante. Les donneurs d’ordre canadiens privilégient les entreprises capables de démontrer une présence locale, des partenariats canadiens et une contribution à la souveraineté économique et technologique du pays. Les consortiums, partenariats industriels et implantations locales sont fortement recommandés.
La stratégie d’entrée recommandée se déroule généralement sur trois ans : d’abord une phase d’exploration du marché et d’identification des partenaires (0 à 6 mois), puis la réalisation de pilotes ou démonstrateurs avec des acteurs locaux (6 à 18 mois), avant une implantation structurée et la recherche de contrats plus importants (18 à 36 mois).
Enfin, les intervenants ont souligné que le Canada est aujourd’hui dans une phase de réarmement industriel durable et qu’il existe une fenêtre d’opportunité favorable aux entreprises françaises, notamment dans les secteurs de la défense, de l’aéronautique, du spatial, de la cybersécurité et des technologies duales.
Conclusion : le marché canadien de la défense est en forte croissance, mais l’accès aux opportunités repose moins sur une logique d’exportation que sur une logique d’implantation, de partenariat local et de contribution à la souveraineté canadienne. Ottawa est le centre décisionnel, tandis que le Québec constitue le principal pôle d’innovation et d’exécution des projets.”
Pour plus de détails, le support de présentation est disponible ci-dessous :
Envie de lire la suite ?
L’intégralité de ce contenu est disponible pour tous les adhérents de BCI.
> Vous êtes adhérent et vous avez déjà un compte BCI ? Connectez-vous pour profiter de l’ensemble de l’article.
> Votre société est adhérente mais vous n’avez pas encore créé de compte ? Inscrivez-vous avec votre email professionnel.
> Vous souhaitez devenir adhérent BCI ? Complétez le formulaire d’adhésion. Votre demande d’adhésion sera soumise à validation par BCI.
Avec le soutien du Crédit Agricole | Sponsor BCI 2026