Mis à jour le 07/01/2022

Après avoir fait preuve d’une bonne résistance en 2020 (- 3 %), les exportations directes de produits chimiques se dirigent vers un net rebond.

Plusieurs segments continuent de se développer activement, tirés par la reprise dynamique de la demande sur les marchés européens clés.

Le secteur devra désormais défendre les parts de marché glanées en 2020 et en 2021 sur les marchés les plus concurrentiels.

 

Infographies : 

Évolutions observées au sein du Top 5 des clients de la chimie bretonne

Évolutions des échanges trimestriels bretons dans la chimie entre 2017 et 2021

La chimie de base mène la croissance

Après plusieurs années de baisse graduelle, les exportations de la chimie bretonne semblent bien positionnées pour redresser la barre dans le contexte post-pandémique. Malgré un coup d’arrêt marqué durant le printemps et l’été 2020, le secteur a rapidement retrouvé puis dépassé ses niveaux d’avant-crise.

Pour peu que la tendance se confirme au dernier trimestre, la situation pourrait entraîner en 2021 (304 M€ sur les 3 premiers trimestres 2021, + 25 % par rapport à la même période en 2020) une croissance nette par rapport aux 4 dernières années.

Favorisé par la reprise de plusieurs de ses marchés clés en Europe fin 2020, le secteur a rapidement comblé les pertes durablement enregistrées aux Pays-Bas et au Royaume-Uni. Les exportations régionales restent dominées par la chimie de base, dont la tendance baissière s’est nettement inversée en 2021 (230 M€, + 32 %), laissant espérer un retour aux performances de 2017 sur ce segment. 2e poste à l’export, les verres semblent poursuivre sur une tendance de baisse globale de leurs exportations (25 M€, – 8 %), alors que la chimie fine affiche à l’inverse un net retour de croissance (17 M€, + 14 %), de même que les explosifs (19 M€, + 36 %).

Enfin, la conjoncture est plutôt à la baisse du côté des huiles essentielles (13 M€, – 5 %) malgré leur résistance en 2020.

Des progressions remarquables au palmarès

La résistance des exportations bretonnes a plus particulièrement été soutenue par le développement de débouchés significatifs en Allemagne, où l’accélération enregistrée l’an passé (39 M€, + 14 %) ne semble pas prête de fléchir (44 M€ sur les 3 premiers trimestres 2021, + 50 % par rapport à la même période en 2020), de même qu’aux USA, autre marché majeur qui a bondi en 2020 (26 M€, + 29 %) et qui poursuit à la hausse cette année (27 M€, + 20 %).

Ces 2 destinations n’ont pas permis à elles-seules de compenser les pertes subies aux Pays-Bas en 2020 (42 M€, – 28 %), où les évolutions actuelles laissent peu présager d’un retour à la croissance (27 M€, – 15 %), et ce, malgré le regain observé pour la demande néerlandaise au 1er semestre 2021 d’une manière plus générale dans le secteur.

Longtemps 1er client des expéditions régionales, cette destination chute depuis 2017 et la chimie bretonne perd un terrain notable en termes de parts de marché. La perspective est bien moins sombre en Belgique, importateur de 1er plan européen et mondial, où la solide croissance enregistrée l’an passé (20 M€, + 15 %) par les exportations régionales débouche sur une nouvelle accélération en 2021 (23 M€, + 69 %), hissant le pays au rang de 5e client de la chimie bretonne.

Les exportateurs bretons peuvent aussi se féliciter des progrès notables réalisés en Espagne, destination vers laquelle les expéditions sont en hausse constante depuis 2018, année de baisse notable.

Après avoir augmenté en 2020 (26 M€, + 6 %) malgré une demande en berne sur ce marché, la chimie bretonne devrait à nouveau y afficher une belle croissance en 2021 (26 M€, + 34 %), ce qui devrait se traduire par un gain de parts de marché. Alors que d’autres destinations plus mineures semblent par ailleurs reprendre le chemin de la croissance, comme l’Italie, la Chine, le Vietnam, la Pologne, la Turquie, l’Australie, etc., les exportations régionales de produits chimiques vers le Royaume-Uni restent sur une pente à la baisse : après une année 2020 morose (29 M€, – 12 %), elles encaissent un nouveau ralentissement en 2021 (19 M€, – 10 %), probable contrecoup de l’entrée en vigueur du Brexit étant donné le regain remarquable de la demande britannique observé par ailleurs.

Évolutions observées au sein du Top 5 des clients de la chimie bretonne

Une compétitivité bretonne discrète mais solide

Malgré leurs contributions relativement modestes aux échanges nationaux et mondiaux du secteur, les exportations de la chimie bretonne tendent à s’être mieux maintenues entre 2019 et 2020 que les exportations françaises (- 8 %) face à une demande internationale passablement ralentie (- 8 %) dans le contexte de pandémie.

Sous un air d’apparente décorrélation des cycles de la demande internationale, le secteur a su tirer son épingle du jeu en captant de la croissance sur 4 marchés de 1er plan, la Chine, les USA, l’Allemagne et la Belgique, soit les 4 plus grands importateurs mondiaux, et ce malgré la demande globalement en berne sur ces marchés en 2020.

La Bretagne y a gagné des parts de marché dont la progression, bien que minime au regard du marché mondial, démontre une solide compétitivité des entreprises régionales dans le secteur de la chimie. L’essai reste à confirmer à plus long terme suite aux rebonds notables qu’affichent les importateurs en 2021.

Évolutions des échanges trimestriels bretons dans la chimie entre 2017 et 2021

 

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