Mis à jour le 01/04/2026

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Que signifie réellement le contexte régional actuel pour faire des affaires en Arabie saoudite ?

En partenariat avec LD Export, implanté sur zone et avec l’intervention de François-Xavier DEPIREUX, prestataire agréé de BCI, un webinaire a été organisé à destination des entreprises bretonnes afin d’avoir une vision claire et concrète de la situation actuelle.

Les questions abordées :

  • Les grands projets et investissements avancent-ils toujours ?
  • Comment les partenaires locaux envisagent-ils les mois à venir ?
  • La Vision 2030 est-elle impactée ou simplement en évolution ?
  • Comment les entreprises étrangères doivent-elles se positionner aujourd’hui ?
  • Comment gérer les relations et les négociations en période d’incertitude ?

 

Que faut-il retenir ?

 

Retour de Karen BERLAN LHERBETTE  – Chargée de projets

 

François-Xavier DEPIREUX a d’abord souligné un décalage entre la perception médiatique internationale et la réalité : malgré les tensions régionales la vie économique et sociale y reste globalement normale, sans perturbation majeure du quotidien. L’économie saoudienne montre une forte résilience, avec une volonté politique claire de maintenir la stabilité, de pérenniser les flux commerciaux existants et d’attirer les investissements étrangers, notamment dans ce contexte géopolitique incertain.

Un point clé est la diversification économique déjà bien avancée : plus de 50 % du PIB ne dépend plus du pétrole et du gaz, ce qui limite l’impact direct des crises régionales.

La Vision 2030 continue de structurer le développement avec des investissements massifs et des projets d’envergure, même si certains de ces projets, jugés trop ambitieux ou moins « urgents », sont reportés ou annulés.

La demande intérieure reste soutenue, voire en hausse, car les populations consomment davantage localement, ce qui dynamise certains secteurs comme le retail ou l’agroalimentaire. Le marché est toujours décrit comme très porteur, avec une forte croissance et des besoins importants en partenariats internationaux.

Les principales tensions économiques concernent la logistique :

  • hausse des coûts de transport,
  • perturbations des routes maritimes (notamment autour du détroit d’Ormuz),
  • augmentation des primes d’assurance et délais allongés.

Toutefois, ces contraintes sont partiellement compensées par une réorganisation des flux, l’Arabie saoudite se positionnant comme hub logistique régional via ses ports.

Les activités économiques se poursuivent globalement, même si les décisions peuvent être légèrement ralenties par prudence.

Les entreprises étrangères restent présentes et actives, et les partenariats locaux sont jugés essentiels dans ce contexte.Les relations avec les partenaires saoudiens ressortent comme un levier absolument clé dans le contexte actuel : elles restent actives, voire se renforcent malgré les tensions régionales.

Les entreprises locales continuent à chercher des fournisseurs et partenaires étrangers, car les besoins liés aux projets en cours sont massifs et structurels. La relation commerciale ne s’interrompt donc pas, mais elle évolue vers davantage de proximité, de confiance et de long terme.

Côté bonnes pratiques, la priorité est clairement  l’humain avant le business :

  • Il est fortement recommandé de prendre régulièrement des nouvelles de ses partenaires (appels via Signal. Pas de WhatsApp en Arabie Saoudite), sans parler immédiatement de contrats ou de ventes ;
  • Montrer de l’attention dans une période perçue comme sensible est déterminant et peut influencer positivement les décisions futures ;
  • Être flexible sur les conditions, notamment logistiques ou financières, est également essentiel : partager les surcoûts ou accepter des délais peut renforcer durablement la relation.
  • Enfin, il faut s’inscrire dans une logique de partenariat long terme, en comprenant que les retombées commerciales peuvent être différées mais significatives.

À l’inverse, certaines attitudes sont à éviter :

  • Se focaliser uniquement sur le court terme ou chercher à imposer des conditions strictes peut être mal perçu ;
  • Négliger la communication ou disparaître pendant la période d’incertitude affaiblit fortement la relation.
  • Il est aussi déconseillé de s’appuyer uniquement sur des échanges formels (emails) ou transactionnels : la relation en Arabie saoudite repose largement sur la confiance personnelle ;
  • Enfin, dramatiser la situation ou relayer une vision anxiogène issue des médias internationaux peut créer un décalage avec la réalité perçue localement.

En résumé, les entreprises françaises déjà implantées ou en relation avec des partenaires saoudiens ont intérêt à renforcer le lien humain, faire preuve d’agilité et se positionner dès maintenant pour capter les opportunités à venir, plutôt que de se mettre en retrait.

Les acteurs capables de s’inscrire dans une logique de long terme, de renforcer les relations locales et de s’adapter aux contraintes logistiques pourraient bénéficier d’un fort potentiel de croissance dans les années à venir. “

 

 

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