Mis à jour le 02/06/2026

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L’Espagne offre un marché agroalimentaire riche en opportunités, mais aussi rempli de défis.

BCI a proposé aux entreprises bretonnes de participer à un webinaire qui a permis  d’obtenir une analyse des enjeux à surmonter, des tendances à suivre et des stratégies gagnantes pour réussir une entrée sur le marché espagnol. Sont intervenus à cette occasion Caroline JORRO et Charlotte SOUCASSE, consultantes internationalisation au sein de IETEAM, ainsi que deux entreprises qui ont pu témoigner de leurs expériences auprès du canal Horeca.

Les points abordés :

  • Panorama du marché agroalimentaire en Espagne
  • Comportement du consommateur espagnol dans l’agroalimentaire
  • Opportunités pour les entreprises bretonnes
  • Canaux de distribution des produits alimentaires en Espagne
    • GMS / Retail
    • HORECA / Food Service
    • Circuits longs et courts
    • Achats en ligne
  • Enjeux et défis pour entrer sur le marché espagnol
  • Stratégies d’entrée sur le marché espagnol

 

Que faut-il retenir de ce webinaire ?

 

Retour de Karen BERLAN LHERBETTE  – Chargée de projets

 

Le marché agroalimentaire espagnol est ouvert, dynamique et porteur pour les entreprises françaises, notamment sur les produits différenciants, premium et à forte valeur ajoutée.

L’Espagne reste très attachée au prix et fortement concurrentielle sur les produits standards, mais il existe de vraies opportunités pour les fournisseurs capables d’apporter qualité, régularité d’approvisionnement, innovation ou image française.

Les principaux débouchés concernent les produits de la mer, les produits laitiers, le beurre, les fromages, la boulangerie-pâtisserie, les produits bio, premium ou sans gluten, ainsi que certains produits transformés et boissons artisanales.

Les restaurateurs et distributeurs espagnols reconnaissent une vraie valeur perçue des produits français, notamment sur la qualité et le savoir-faire.

Du côté de la distribution, le marché espagnol est moins concentré qu’en France et se segmente en deux grands piliers :

  • D’une part, la grande distribution (GMS), dominée par des supermarchés de taille moyenne et un maillage dense de chaînes régionales fortes, tandis que le commerce en ligne et le drive y sont encore peu développés. Les enseignes régionales et les circuits locaux jouent également un rôle important, avec un marché moins concentré qu’en France.
  • D’autre part, le secteur de la restauration et de l’hôtellerie (Horeca / CHR) s’impose comme un canal d’entrée stratégique et surpuissant, porté par une culture ancrée du hors-domicile et un tourisme de masse.

Le marché espagnol est très structuré autour de la restauration hors domicile : bars, restaurants, hôtels et HORECA représentent un levier majeur, parfois plus pertinent que la grande distribution.

Madrid et les grandes villes deviennent de plus en plus internationales, avec une clientèle étrangère et latino-américaine à fort pouvoir d’achat, créant une demande croissante pour des produits premium et différenciants.

L’accès au marché est facilité par l’absence de barrières douanières et la reconnaissance des certifications européennes, mais nécessite un positionnement prix adapté (le panier moyen étant 13 à 15 % moins cher qu’en France) et la conformité aux réglementations locales en vigueur, notamment concernant l’étiquetage en espagnol et la gestion des taxes sur les emballages (normes REP).

Les entreprises françaises ont donc des opportunités réelles, surtout si elles ciblent des segments qualitatifs, HORECA, gourmet ou spécialisés, plutôt que des produits d’entrée de gamme en concurrence directe avec l’offre locale espagnole.

Les consommateurs espagnols, bien que très sensibles aux prix, se tournent de plus en plus vers des produits de qualité, locaux et durables.

Ils se distinguent par une forte consommation de produits frais, de viande et de produits de la mer, ainsi que par une recherche de praticité et de convivialité.

Les chiffres clés à retenir :

  • Le marché global : Le secteur agroalimentaire espagnol représente un chiffre d’affaires de 130 milliards d’euros, soit 10 % du PIB national, pour un marché de 48 millions d’habitants.
  • Le bio : L’Espagne est le 1er pays européen en surface agricole biologique (12 % de sa surface agricole globale). Son marché intérieur pèse 3 milliards d’euros pour 3,8 milliards d’euros d’exportations (à l’inverse de la France qui consomme 12 milliards mais n’exporte que 1,2 milliard). En moyenne, le bio y est 55 à 65 % plus cher que le conventionnel, l’écart pouvant atteindre 110 à 300 % sur les fruits et légumes.
  • La consommation de masse : L’Espagne est le 2e plus grand consommateur européen de viande (41 kg/an/habitant, grimpant à 49 kg en Castille-et-Léon) et le 2e plus grand consommateur européen de produits de la mer (83 kg/an/habitant). Les produits frais représentent 40 % des achats alimentaires.
  • La puissance du secteur Horeca : L’Espagne détient le record mondial de la densité de débits de boissons avec 1 bar pour 165 habitants. Le secteur Horeca pèse 135 milliards d’euros de chiffre d’affaires (contre 120 à 123 milliards en France). On y dénombre 128 800 bars, cafés et cafétérias (contre seulement 35 000 en France).
  • Les prix et le niveau de vie : L’alimentation y est globalement 13 à 15 % moins chère qu’en France (le panier en supermarché est 15 à 25 % moins cher et les prix en restauration sont 15 à 17 % plus bas). Un menu du jour y coûte en moyenne 11 à 13 € (contre 14 à 18 € en France). Le salaire moyen espagnol est inférieur de 30 % au salaire moyen français.
  • Le e-commerce alimentaire : Le Click & Collect et le Drive y sont encore très marginaux, ne représentant que 2,7 à 5,9 % de parts de marché (contre 10 à 13 % en France).
  • Le commerce bilatéral : La France est le 1er fournisseur alimentaire de l’Espagne, captant à elle seule 17 % des parts de marché des importations espagnoles.”

 

Pour plus de détails, le support de présentation est disponible ci-dessous :

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