Mis à jour le 02/09/2020

Roland Blass, de la société  Blass Consulting et prestataire agréé de BCI, nous propose un récapitulatif des aides mises en place en Allemagne pour soutenir les entreprises face à la crise du coronavirus.

Situation actuelle en Allemagne – chiffres actuels, premiers signes d’une reprise

Selon un communiqué publié le 1er septembre 2020 par le Ministre de l’Économie (BMWI), le gouvernement allemand revoit à la hausse ses prévisions économiques pour cette année en ramenant la contraction attendue du produit intérieur brut (PIB) à 5,8 % (contre 6,2% prévu initialement).

L’économie allemande s’est contractée de – 9,7% au deuxième trimestre, une baisse sans précédent certes, mais qui a été moins importante que redoutée encore en mai, au plus fort de la crise (prévision antérieure de – 12,2%).

Le dernier chiffre publié fait état de 5,36 millions de salariés concernés par le chômage partiel en juin 2020.

Le nombre de chômeurs a été de 2,95 millions de personnes fin août, ce qui correspond à une augmentation de 636.000 personnes par rapport à la même période de l’année précédente. Le taux de chômage passe ainsi à 6,4% (contre 5,1% en 08/2019).

Selon l’Office fédérale de la statistique (25.08.20), le déficit des comptes publics a atteint 51,6 milliards d’euros de janvier à juin, ce qui représente 3,2% du PIB allemand sur cette période de référence (contre un excédent de 46,5 milliards d’euros au premier semestre 2019).

Pour 2021, le gouvernement allemand s’attend à une croissance de 4,4 %.

Les données économiques de ces dernières semaines font en effet naître l’espoir d’une reprise de l’économie allemande: le climat des affaires (selon l’indice IFO) a ainsi fait apparaître une remontée nette du  moral des investisseurs, notamment dans les secteurs de l’industrie et des services, progressant ainsi pour le quatrième mois consécutif.

Les actions du gouvernement allemand

Afin de soutenir cette reprise, les partis de la coalition gouvernementale en Allemagne ont convenus mardi 25 août de prolonger les mesures destinées à compenser l’impact économique de la crise lié au coronavirus, dont l’aide au chômage partiel et le gel des règles d’insolvabilité.

En Allemagne, l’État prend en charge deux tiers environ du salaire dans le cadre du chômage partiel. Selon l’accord de la semaine dernière, le dispositif sera désormais applicable pendant 24 mois (au lieu de la période maximale de douze mois initialement en vigueur.

Le montant perçu par les salariés à titre d’indemnités est de 67% (60% sans enfant) du salaire net pendant les 3 premiers mois, 77% à partir du quatrième mois (70% sans enfant) et de 87% à partir du septième mois (80% sans enfant).

Parmi les autres décisions, figurent principalement l’extension jusqu’à fin 2021 de l’aide pour les contrats de travail à temps réduit et l’extension jusqu’à la fin de l’année des subventions pour les PME.

Les partis de la coalition ont aussi décidé de prolonger les mesures destinées à limiter les faillites en autorisant les entreprises en difficulté financière à cause de la crise sanitaire à reporter les procédures d’insolvabilité jusqu’à la fin de l’année 2020 (date initiale: fin septembre).

Le gouvernement a également adopté une rallonge budgétaire massive, de plus de 130 milliards d’euros, dans l’objectif de redresser l’économie allemande.

Ces mesures ne font pas l’unanimité de l’ensemble des économistes: les critiques les plus sérieux visent notamment la prolongation du chômage partiel, dispositif qui risquerait de faire survivre des entreprises “zombies” qui ne seraient plus viables – ce qui mettrait un frein au changement structurel de l’économie.

Pour éviter une éventuelle envolée du chômage suite à des changements profonds – comme celui qui est en train de se faire dans le secteur automobile – le puissant syndicat allemand IG Metall a lancé récemment l’idée – très controversée – d’instaurer la semaine de travail de quatre jours, avec une compensation au niveau des salaires.

 

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