Mis à jour le 04/01/2022

Après avoir baissé de – 5 % en 2020, les exportations directes de viandes bretonnes ont avant tout été soutenues par l’appétit chinois.

Si la reprise semble au rendez-vous depuis début 2021, un ralentissement de la demande orientale pourrait peser sur le bilan final, et ce, tandis que les débouchés européens peinent à se rétablir face à une concurrence toujours plus accrue parmi les fournisseurs mondiaux.

 

Infographies : 

Évolutions observées au sein du Top 5 des clients des viandes bretonnes

Évolutions des échanges trimestriels bretons dans les viandes entre 2017 et 2021

Une reprise qui reste toute relative

Malgré une reprise sensible par rapport à 2020, la valeur des exportations régionales de viandes pourrait demeurer en 2021 à des niveaux plus proches de 2018 que de 2019, année exceptionnelle au niveau régional comme au niveau mondial.

Le secteur fait en effet face à l’absence de rebonds notables sur ses principaux marchés, en particulier ceux situés en Europe (hors Benelux et Espagne), alors que la demande grecque et d’autres pays d’Europe centrale a chuté en 2021 et que la demande chinoise est susceptible de ralentir après un net coup de frein observé au 3e trimestre.

De loin 1er poste à l’export (764 M€ sur les 9 premiers mois en 2021, + 2,5 % par rapport à la même période en 2020), les viandes de boucherie et produits d’abattage ont jusqu’à présent poursuivi leur progression, avant tout portés par la demande chinoise et espagnole. De leur côté, les exportations de volailles (206 M€, – 0,3 %) restent pénalisées et poursuivent sur leur tendance plus globalement baissière, plombées en 2021 par une nette perte de terrain sur le marché espagnol, et ce, malgré le rebond de la demande sur plusieurs marchés limitrophes et dans les pays du Golfe.

De leur côté, les produits à base de viande affichent des exportations (149 M€, + 28 %) en net rebond grâce à un retour de leurs principaux clients sur les marchés voisins européens.

Des pertes de parts de marché sensibles ?

Au sein des marchés cibles clés pour les exportations bretonnes de viandes et produits d’abattage, les évolutions sont contrastées entre 2019 et 2021.

La Bretagne a su capter une partie de la hausse remarquable de la demande chinoise en 2020 (332 M€, + 26 %) et représente durablement ~1% des importations sectorielles de ce client. Les gains réalisés en Chine ont d’ailleurs presque suffi à compenser à eux-seuls les pertes enregistrées sur les autres marchés majeurs l’an passé.

La Chine poursuit sur cette lancée en 2021 (282 M€, + 29 %) mais la concurrence brésilienne, américaine et espagnole affiche des performances bien supérieures sur ce marché dont la demande semble par ailleurs fléchir depuis début 2021.

En parallèle, la Bretagne a pâti de la baisse de la demande sur son 2e marché client en 2020, l’Italie (212 M€, – 13 %) or celle-ci poursuit sa chute en 2021 (153 M€, – 9 %), de même qu’en Grèce, où la chute amorcée en 2020 (58 M€, – 20 %) continue cette année (35 M€, – 22 %). Sur ces 2 marchés, les exportations régionales ont davantage ralenti que les importations du secteur et elles y pèsent désormais moins de 4% des parts de marché. En Allemagne, les exportations continuent de stagner aux niveaux de 2020 (80 M€, – 19 %) sans afficher de réel rebond en 2021 (56 M€, + 1 %). Idem au Royaume-Uni, dont la baisse marquée des importations l’an passé (75 M€, – 15 %) est loin d’être compensée par la croissance affichée sur les 3 premiers trimestres de 2021 (57 M€, + 4 %).

Sur ces 2 marchés, les viandes bretonnes ont là aussi perdu du terrain pour descendre à ~ 1 % des parts de marché. Malgré sa résistance relative en 2020 (96 M€, – 1 %), l’Arabie saoudite semble afficher un nouveau ralentissement (67 M€, – 3 %), de même que la Belgique, dont la demande avait affiché une hausse nette l’an passé (90 M€, + 7 %), permettant à la Bretagne de se hisser à près de 4% des parts de marché, mais où la dynamique se tasse depuis début 2021 (63 M€, – 4 %). Sur une note plus positive, l’Espagne, dont la demande est restée durablement en berne en 2020 (79 M€, – 22 %), affiche désormais un rebond sensible (68 M€, + 15 %), de même que les Pays-Bas, le Japon et la Pologne, où la Région a maintenu ses parts.

Évolutions observées au sein du Top 5 des clients des viandes bretonnes

Une demande mondiale relativement atone

Dans le contexte de pandémie, les exportations de la France et de la Bretagne sont parvenues à limiter les pertes depuis 2020 mais elles ont été freinées dans leur capacité à profiter de la demande accrue en viandes et produits d’abattage sur les marchés nord-américains et asiatiques, notamment face à la concurrence.

Alors que nombre de grands marchés importateurs de viandes et produits d’abattage ont vu leurs importations ralentir pour mener à une baisse de – 1 % entre 2019 et 2020 au global, seuls quelques grands clients se sont en effet distingués par une progression en valeur de leur demande, à savoir:

  • la Chine, 1er importateur mondial,
  • les USA (3e),
  • le Mexique (10e)
  • et le Canada (11e).

En parallèle, seuls quelques grands pays exportateurs ont vu leurs parts de marché progresser en 2020, en l’occurrence:

  • les USA, toujours 1er fournisseur mondial,
  • ainsi que le Brésil (2e),
  • l’Espagne (5e),
  • le Canada (7e),
  • le Danemark (10e)
  • et l’Irlande (11e).

Évolutions des échanges trimestriels bretons dans les viandes entre 2017 et 2021

 

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