Mis à jour le 07/01/2022

Après avoir marqué un coup d’arrêt brutal en 2020 (- 23 %), les exportations directes de produits de la mer n’affichent qu’une légère reprise.

Malgré le retour progressif de leurs principaux marchés clients, elles devraient rester loin de retrouver leurs niveaux pré-pandémiques, plombées par le recul des marchés européens limitrophes, où les exportateurs régionaux ont perdu des parts de marché depuis 2019.

 

Infographies:

Évolutions observées au sein du Top 5 des clients des produits de la mer bretons

Évolutions des échanges trimestriels bretons dans les produits de la mer entre 2017 et 2021

Une baisse de - 25 % en valeur depuis 2019

Touché de plein fouet par la crise sanitaire et les restrictions qui ont durablement pesé sur ses débouchés dans la RHD, le secteur breton de la pêche et des produits de la mer a vu ses exportations rester durablement en berne tout au long de l’année 2020 et perdre un quart de leur valeur. Si la demande semble avoir repris un peu de souffle depuis le début de l’année 2021 (183 M€ sur les 3 premiers trimestres 2021, + 9 % par rapport à la même période en 2020), en particulier sur les marchés clés limitrophes, la situation reste très nettement déficitaire par rapport à 2019 faute de réels rebonds à même de compenser les pertes considérables qui ont été subies.

En termes de segments, tant les produits transformés que les produits de la pêche avaient marqué un repli net de – 23 % en valeur à l’export l’an passé. Depuis le début de l’année, les produits de la pêche et de l’aquaculture reprennent un peu plus de vigueur (78 M€, + 22 %) que les préparations et conserves à base de poissons et autres produits de la pêche (109 M€, + 11 %), mais les 2 segments semblent tous deux avoir amorcé un nouveau ralentissement au 3e trimestre et devraient rester l’un comme l’autre tout aussi déficitaires par rapport à leurs niveaux d’avant-crise.

Peu de destinations clés en progrès

Dépendantes à ~ 60 % d’un petit pool de 5 clients limitrophes (hors Seychelles), les expéditions régionales de produits de la mer ont notablement reculé sur ces marchés depuis l’apparition de la pandémie et n’ont que partiellement profité de la reprise qui se fait sentir dans leurs importations. Les exportations bretonnes ont particulièrement été freinées chez leurs 2 clients les plus majeurs, leurs reculs y étant bien plus notables que ceux de la demande du secteur de manière générale.

Ainsi, en Espagne, la chute nette enregistrée en 2020 (45 M€, – 47 %) cède place à un rebond apparent cette année (39 M€ sur les 3 premiers trimestres 2021, + 15 % par rapport à la même période en 2020) mais cet élan reste bien trop faible pour retrouver des niveaux comparables à la situation pré-pandémique.

En conséquence, les exportateurs bretons ont vu leurs parts de marché diminuer quasiment de moitié au 1er semestre 2021 par comparaison avec 2019, passant de ~ 1,2 % à ~ 0,6 %. La situation est un peu moins défavorable en Italie, où les exportations bretonnes avaient également dégringolé l’an passé (37 M€, – 30 %) et reprennent de manière plus dynamique sur les 3 premiers trimestres de 2021 (35 M€, + 33 %), tout en restant assez éloignées de leur niveau d’avant-crise.

Idem en Belgique, où les pertes affichées par les exportations entre 2019 et 2020 (13 M€, – 25 %) entraînent un relatif décrochage des évolutions affichées par la demande belge et ne devraient pas être compensées par la reprise apparente en 2021 (10 M€, + 9 %).

Après avoir plutôt bien résisté l’an passé (24 M€, – 8 %), l’Allemagne affiche de son côté un solide rebond depuis début 2021 (19 M€, + 21 %), de même que les Pays-Bas, où le ralentissement net enregistré en 2020 (7 M€, – 30 %) aboutit sur une réaccélération remarquable au 3e trimestre (10 M€, + 88 %). Au Royaume-Uni, le recul subi en 2020 (16 M€, – 15 %) se poursuit en 2021 (10 M€, – 8 %), de même qu’au Portugal et en République de Maurice. Au sein des principaux clients des produits de la mer régionaux, rares sont donc les destinations qui afficheront une croissance nette par rapport à 2019. Les Seychelles continuent toutefois de se distinguer, ainsi que d’autres pays africains comme Madagascar, le Ghana ou la Côte d’Ivoire.

Évolutions observées au sein du Top 5 des clients des produits de la mer bretons

Des parts de marché à regagner !

La Région contribue toujours de manière significative aux exportations nationales de produits de la mer, transformés et non transformés, mais les exportateurs bretons ont été bien plus impactés que leurs homologues français l’an passé (- 11 %) dans le contexte de crise or cette situation perdure en 2021.

Entre 2019 et 2020, les expéditions régionales ont aussi accusé une baisse bien plus notable que la demande mondiale (estimée à – 9 %) et elles ne profitent que partiellement du regain que les grands importateurs affichent au 1er semestre 2021.

Cette situation est un probable reflet des spécialisations régionales, que ce soit en termes de segments ou de répartitions géographiques. Fortes de parts de marché profitables et jusqu’à présent bien synchronisées sur les fluctuations des marchés européens, les exportations directes de la Bretagne ne captent en effet qu’une part infime des 3 grands marchés clés qui dictent la demande mondiale, à savoir les USA, la Chine et le Japon.

Évolutions des échanges trimestriels bretons dans les produits de la mer entre 2017 et 2021

 

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