Mis à jour le 05/01/2022

Les exportations directes de la plasturgie bretonne avaient fait preuve d’un certain degré de résistance malgré leur baisse en 2020 (- 9 %) et l’année pourrait se clôturer sur un rebond solide au vu des performances affichées par le secteur sur les 3 premiers trimestres de 2021.

La capacité de reprise reste toutefois hétérogène selon les segments dans un paysage international toujours plus complexe pour la plasturgie.

 

Infographies : 

Évolutions observées au sein du Top 5 des clients de la plasturgie bretonne

Évolutions des échanges trimestriels bretons dans la plasturgie entre 2017 et 2021

Des évolutions contrastées à appréhender

Malgré un ralentissement marqué au printemps 2020, les exportations de la plasturgie régionale ont assez rapidement regagné leur souffle et bénéficient depuis d’une conjoncture plutôt bien orientée, favorisées par le dynamisme relatif de la demande sur divers marchés clés à l’export en Europe et en Amérique du Nord.

La situation est toutefois moins favorable au Benelux et sur d’autres marchés plus secondaires comme la Pologne, la Suède, la Turquie ou l’Irlande.

En termes de segments, les évolutions restent contrastées dans le contexte post-pandémique. Les plaques, feuilles, tubes, éléments pour la construction et autres produits divers restent le 1er poste à l’export (260 M€ sur les 3 premiers trimestres 2021, + 9 % par rapport à la même période en 2020) et pourraient rapidement retrouver des niveaux comparables voire supérieurs aux niveaux pré-pandémiques.

Les expéditions de plastiques et caoutchoucs primaires semblent parties pour redresser la barre (112 M€, + 6 %) mais pourraient ne pas retrouver leur niveau d’avant crise, 2019 marquant une année très profitable pour ce segment. Après avoir subi une forte chute l’an passé, les pneumatiques et caoutchoucs divers affichent une reprise qui reste très relative (68 M€, + 66 %), alors que les emballages empruntent plus nettement le chemin de la croissance (33 M€, + 29 %).

Des risques de "décrochages" en Europe ?

La plupart des marchés majeurs semblent rebondir depuis le début de l’année par rapport à 2020 mais à des rythmes assez désynchronisés et selon des amplitudes variées. Après avoir plutôt bien résisté l’an passé (108 M€, – 8 %), la demande allemande a repris dès fin 2020 et poursuit sur une lancée bien orientée en 2021 (94 M€ sur les 3 premiers trimestres 2021, + 16 % par rapport à la même période en 2020).

Cela pourrait mener à une faible croissance nette par rapport à 2019 pour les expéditions bretonnes vers l’Allemagne, où elles conservent une part de marché stable, à condition que la reprise dynamique observée au global sur ce marché depuis le début de l’année se poursuive.

Une situation similaire peut être observée en Italie, où le recul a été limité en 2020 (41 M€, – 9 %) et où le rebond notable qui se fait sentir depuis le printemps 2021 (43 M€, + 38 %) pourrait mener à des niveaux proches d’avant la crise.

Suite à un net ralentissement l’an passé (72 M€, – 18 %), les exportations régionales vers le Royaume-Uni ne reprennent pas réellement leur souffle depuis le 1er trimestre 2021 (53 M€, + 3 %), et ce, malgré une reprise dynamique des importations du secteur britannique, menant à une perte de parts de marché pour la Région sur ce marché. Idem en Espagne : après avoir accusé une baisse brutale l’an passé (52 M€, – 22 %), la demande espagnole ne reprend que partiellement au 3e trimestre 2021 (41 M€, + 9 %) et la situation ne devrait pas revenir à “la normale” cette année.

En Belgique, marché de 1er plan mondial, le ralentissement subi par les exportations bretonnes en 2020 (47 M€, – 10 %) semble loin de donner lieu à un rebond en 2021 (29 M€, – 18 %), de même pour les Pays-Bas, destination toute aussi majeure qui a fléchi l’an passé (20 M€, – 6 %) et qui poursuit sur sa tendance cette année (14 M€, – 4 %), ainsi que pour la Pologne, où la résistance affichée en 2020 (33 M€, – 4 %) ne s’est pas maintenue depuis le début de l’année (20 M€, – 18 %).

À l’inverse, les exportateurs bretons ont su capter la hausse de la demande nord-américaine, en premier lieu aux USA, où la croissance affichée en 2020 (27 M€, + 9 %) pourrait déboucher sur une accélération encore plus marquée en 2021 (26 M€, + 38 %), et dans une moindre mesure au Mexique.

Évolutions observées au sein du Top 5 des clients de la plasturgie bretonne

Se resynchroniser avec les cycles de croissance

Avec pour principales cibles un “pool” de 6 pays limitrophes, les exportations bretonnes ont été confrontées sur ces marchés clés à des ralentissements plus conséquents que la baisse observée au global dans les importations du secteur entre 2019 et 2020, estimée à – 7 %, et ne se raccrochent pas nécessairement à leurs cycles de reprise actuels. La plasturgie régionale a néanmoins fait preuve de résistance et voit le poids cumulé de ces 6 clients diminuer de ~ 60 % en 2019 à ~ 55 % en 2021, au profit de destinations plus mineures, signe de sa capacité à diversifier ses cibles pour faire face au contexte de crise. À l’instar de la mécanique, le secteur breton tend à rester concentré sur sa clientèle européenne, notamment des pays où les exportations régionales pèsent ~ 0,2 % à ~ 0,5 % des parts de marché. Il demeure peu axé sur les grands importateurs nord-américains ou asiatiques, où se trouvent pourtant des sources de croissance en contexte post-pandémique.

Évolutions des échanges trimestriels bretons dans la plasturgie entre 2017 et 2021

 

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