Mis à jour le 05/01/2022

Après 4 ans de tendance haussière, les exportations directes de la mécanique bretonne ont subi de plein fouet la crise en 2020 (- 25 %).

Au sortir de cette “année noire”, le secteur reste en deçà de ses résultats de 2019 (- 7 %) mais reprend lentement du souffle, porté par le retour de ses principaux clients, par le rebond des pompes et compresseurs, et par la croissance des machines à usages spécifiques.

 

Infographies : 

Évolutions observées au sein du Top 5 des clients de la mécanique bretonne

Évolutions des échanges trimestriels bretons dans la mécanique entre 2017 et 2021

Plusieurs soutiens pour un retour de croissance

Sans retrouver leurs niveaux pré-pandémiques, les exportations de la mécanique bretonne (hors équipements agricoles) semblent progresser vers un “retour à la normale”, poursuivant depuis début 2021 la relative embellie amorcée fin 2020.

Le secteur avait particulièrement souffert de la baisse de la demande de ses débouchés clés, en premier lieu l’Allemagne, les USA et l’Espagne, or les indicateurs sont plutôt au vert sur ces destinations.

Du côté des segments, les situations sont assez contrastées. Les pompes et compresseurs semblent ainsi susceptibles de retrouver des niveaux proches de 2019 (152 M€ sur les 3 premiers trimestres 2021) tandis que nombre de segments prennent le chemin d’une solide croissance, tels:

  • les équipements de bureau hors informatique (81 M€),
  • les turbines et moteurs (16 M€),
  • les équipements aérauliques et frigorifiques (40 M€),
  • et hydrauliques et pneumatiques (7 M€),
  • ou les machines pour l’agroalimentaire (36 M€).

D’autres segments rebondissent par rapport à 2020 mais en restant à des niveaux inférieurs à la période pré-pandémique, tels les engins de levage et de manutention (80 M€), les machines pour l’extraction et la construction (13 M€) ou pour le travail du caoutchouc (8 M€) et les engrenages et transmissions (4 M€), les machines d’usage général restant assez stables (102 M€).

Des indicateurs au vert qui restent à confirmer

À l’exception notable du Royaume-Uni, de la Pologne et de quelques marchés plus mineurs comme la Chine, la Turquie ou le Maroc, qui demeurent en situation de baisses notables, la plupart des marchés majeurs semblent rebondir depuis le début de l’année par rapport à 2020.

Certains débouchés plus secondaires sont même en croissance nette par rapport à 2019, tels:

  • le Brésil,
  • la Hongrie,
  • l’Australie,
  • l’Algérie,
  • la Finlande,
  • le Portugal…

Après un coup d’arrêt brutal en 2020 (63 M€, – 55 %), l’Allemagne devrait ainsi reprendre son rang de 1er client des expéditions régionales en 2021 (117 M€ sur les 3 premiers trimestres 2021, + 53 % par rapport à la même période en 2020) sans retrouver toutefois les niveaux pré-pandémiques.

Aux Pays-Bas, la hausse notable affichée par les exportations bretonnes en 2020 (110 M€, + 9 %) ne semble pas faiblir en 2021 (92 M€, + 22 %) tandis que la Belgique, destination qui avait plus ou moins résisté en 2020 (54 M€, – 11 %), fait un retour remarquable depuis le début de l’année (56 M€, + 22 %) et pourrait bien dépasser ses niveaux d’avant-crise.

En Italie, où la baisse des exportations bretonnes a été sensible l’an passé (18 M€, – 35 %), la croissance pourrait également être à l’ordre du jour par comparaison avec 2019 au vu du rebond affiché depuis le début de l’année (25 M€, + 158 %). Après avoir accusé une baisse brutale l’an passé (35 M€, – 47 %), la demande américaine regagne en puissance, mais la situation tarde à revenir à “la normale” au 3e trimestre 2021 (43 M€, + 69 %).

Les exportations régionales ne représentent qu’une part infime des importations de ce marché de 1er plan, dont l’élan retrouvé depuis le début d’année devrait être essentiel pour la mécanique au niveau mondial.

Situation similaire en Espagne, où la demande avait également chuté de manière drastique en 2020 (31 M€, – 32 %) et où la situation ne se rétablit que partiellement sur les 3 premiers trimestres de l’année (32 M€, + 114 %), les niveaux restant bien inférieurs par rapport à la même période en 2019. Enfin, la situation continue de se dégrader au Royaume-Uni, où les exportations bretonnes ont nettement ralenti en 2020 (38 M€, – 18 %) et freinent à nouveau brutalement dans le contexte post-Brexit en 2021 (20 M€, -30 %).

Évolutions observées au sein du Top 5 des clients de la mécanique bretonne

Retrouver l'élan en Europe... ou ailleurs ?

Entre 2019 et 2020, les exportations de la mécanique bretonne ont été deux fois plus pénalisées (- 25 %) que les exportations françaises (- 13 %), dans un contexte où le ralentissement affiché par le secteur au niveau mondial peut être estimé à – 12 %.

Peu tournée vers les grands importateurs nord-américains et asiatiques, la mécanique bretonne reste globalement dépendante d’un petit “pool” de clients européens limitrophes et des fluctuations de leur demande, et ce, alors que les exportations régionales ne pèsent au grand maximum que ~ 0,4 % des importations sectorielles sur ces marchés.

Affichant des rebonds supérieurs à la reprise de la demande sur ces destinations, les exportations bretonnes pourraient toutefois grignoter des parts de marché. Grande puissance de la mécanique aussi bien à l’import qu’à l’export, l’Allemagne pourrait en particulier redonner du souffle au secteur breton, à condition que le rebond de ses importations perdure.

Évolutions des échanges trimestriels bretons dans la mécanique entre 2017 et 2021

 

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