Mis à jour le 04/01/2022

Après une chute de – 32 % en 2020, les exportations directes de l’automobile bretonne restent très fortement “plombées” sur leurs marchés cibles.

Loin de bénéficier des éventuelles reprises observées à l’international en 2021, elles poursuivent sur leur tendance au ralentissement,  possiblement affaiblies par un manque d’intégration sur les chaînes de valeur des importateurs et des exportateurs qui ont le mieux résisté.

 

Infographies :

Évolutions observées au sein du Top 5 des clients de l’automobile bretonne

Évolutions des échanges trimestriels bretons dans l’automobile entre 2017 et 2021

L'export de véhicules bretons patine

Malgré des rebonds relatifs observés fin 2020 et au 2e trimestre 2021, et bien que les performances du secteur restent conséquentes à l’export, l’automobile figure parmi les secteurs qui subissent les ralentissements les plus brutaux au niveau régional et ce, aussi bien au global en 2020 que sur les 3 premiers trimestres de 2021.

Faute de voir la demande rebondir et même plutôt reculer sur les principaux marchés clients en Europe (Espagne, Allemagne, Royaume-Uni, Pays- Bas, Belgique, Italie, Slovaquie), l’automobile bretonne peine toujours à retrouver son dynamisme et tend à poursuivre sa chute.

Sur les 3 premiers trimestres de 2021, les exportations directes bretonnes descendent à des niveaux plus comparables à ceux de 2016 que ceux de 2019 (- 47 %), seuls quelques rares marchés secondaires affichant une légère reprise depuis fin 2020. Dans le détail des segments, la situation reste toujours aussi contrastée.

Les expéditions de véhicules automobiles sont “plombées” (545 M€ sur les 3 premiers trimestres 2021, – 19 % par rapport à la même période en 2020) alors que les parties, accessoires et équipements électriques et électroniques de véhicules continuent de mieux résister (138 M€, + 16 %), de même que les carrosseries (6 M€, + 2 %) ou les cycles et motocycles, toujours en forte croissance à l’export (3 M€, + 50 %).

Vers un bilan 2021 plus morose que 2020

Dépendantes à ~ 70 % d’un petit pool de 8 clients situés en Europe de l’Ouest, du Sud et centrale, les exportations de l’automobile bretonne ont subi de plein fouet le ralentissement de la demande sur ces marchés depuis la crise sanitaire et les restrictions qui ont pesé sur les mobilités en conséquence.

Sur ces marchés, la reprise se fait pourtant sentir, mais sans que la Bretagne y capte de la croissance, confrontée à la concurrence des fournisseurs d’Europe de l’Ouest et de l’Est ou de l’Asie.

Les expéditions bretonnes ont particulièrement été freinées chez leur 1er client, l’Espagne, où la chute amorcée en 2020 (240 M€, – 32 %) se poursuit en 2021 (133 M€, – 14 %), et ce, malgré le rebond mécanique des importations observées dans l’automobile espagnole de manière plus générale.

La Bretagne voit ses parts de marché fondre en conséquence de ~ 1 % à ~ 0,5 %. La situation devrait s’avérer encore plus défavorable en Allemagne, où les exportations bretonnes avaient dégringolé l’an passé (125 M€, – 34 %) et se dégradent toujours aussi significativement sur les 3 premiers trimestres de 2021 (58 M€, – 32 %), ici aussi malgré les signes de relative reprise qu’affichent les importations allemandes. Idem en Italie, passée du rang de 2e client en 2019 à 4e en 2020 (116 M€, – 42 %) et désormais 6e en septembre 2021 (50 M€, – 30 %).

La Bretagne a vu ses parts baisser significativement et ne semble pas avoir bénéficié de la reprise affichée par la demande italienne depuis début 2021. Au Royaume-Uni, le recul net observé en 2020 (138 M€, – 19 %) se combine désormais aux impacts effectifs du Brexit, menant à une nouvelle chute drastique en 2021 (55 M€, – 41 %), malgré la reprise de la demande britannique au 1er semestre 2021, pour une part de marché bretonne qui redescend en conséquence.

Aux Pays-Bas, le coup d’arrêt net subi par les exportations bretonnes en 2020 (41 M€, – 55 %) ne semble pas non plus faiblir en 2021 (22 M€, – 23 %). Figurant parmi les rares clients à afficher une demande en croissance ou relativement stable pour l’automobile bretonne en 2021, la Pologne, l’Argentine, la Turquie, le Danemark, la Roumanie ou le Chili sont loin de parvenir à compenser les reculs que subissent durablement les marchés clés majeurs.

Évolutions observées au sein du Top 5 des clients de l'automobile bretonne

Des difficultés à profiter des souffles de reprise ?

Dans un paysage mondial plus que morose pour l’automobile après l’émergence de la pandémie, très peu de marchés importateurs et exportateurs ont affiché une croissance entre 2019 et 2020.

Les impacts de la crise ont toutefois affecté les grands acteurs de l’automobile selon des ampleurs très variées, menant à des reconfigurations sensibles dans les répartitions des parts de marché à l’export comme à l’import.

Le recul des exportations de la France reflétant assez fidèlement le coup de frein observé au niveau mondial, estimé à – 18 %, le pays semble être parvenu à maintenir ses parts de marché mondiales et pourrait afficher des évolutions positives en 2021 par rapport à 2020.

À l’inverse, les exportations régionales semblent confrontées à des reculs bien plus importants en valeur que les reculs enregistrés au global par les importations de ces marchés dans l’automobile en 2020 et ne profitent pas de leurs rebonds en 2021.

Évolutions des échanges trimestriels bretons dans l'automobile entre 2017 et 2021