Mis à jour le 20/10/2020

Faïza Hachkar, de la Chambre Française de Commerce et d’Industrie du Maroc, et prestataire agréée de BCI, nous fait part, des évolutions et des impacts réglementaires, économiques et sectorielles liées au coronavirus.

Quelle est la situation actuelle au Maroc ?

Prolongement de l’état d’urgence sanitaire jusqu’au 10 Septembre 

Traitement à domicile des individus asymptomatiques

Maintien de la fermeture des frontières jusqu’à nouvel ordre sauf pour les ressortissants Marocains et les détenteurs d’un permis de séjour

Restriction de déplacements, interdiction de sortir ou d’aller à Tanger, Tétouan, Fès, Meknès, Casablanca, Berrechid, Settat et Marrakech.

Possibilité de reconfinement à Fès

Au 15 juillet, 25.400 employés du secteur touristique ont bénéficié de l’opération de dépistage massif qui se poursuit.

Depuis le 13 Août : tests sérologiques rapides dans les dispensaires de quartier (centres de soin de santé primaires)

Nouvelle unité de soins intensifs à Casablanca, 70 lits (polyclinique CNSS Ziraoui)

Comment se présente le plan de soutien à l’économie et aux entreprises ?

Mise en place d’un fonds de soutien pour l’économie qui a accumulé près de 3 Mds EUR par l’Etat et soutenu par des dons privés et des fortunes locales.

Annonce par l’UE d’une contribution exceptionnelle de 450 M EUR à ce fonds.

Création d’un Comité de Veille Economique.

Plan de relance d’environ 11 Mds EUR dans l’économie nationale, soit l’équivalent de 11%, signé avec CGEM et le GPBM. 6,8 Mds EUR de crédits doivent être distribués par le secteur bancaire aux entreprises. Ce financement (sous forme de prêts bancaires) sera octroyé à des conditions préférentielles pour une durée allant de 5 à 10 ans, en fonction des secteurs

Damane Oxygène (prêt) a été distribué à 47.000 entreprises pour 1,5 Mds EUR distribués par les banques et garantis en partie par l’Etat.

La couverture sociale devra être généralisée dans un horizon de 5 ans, y compris l’AMO, les allocations familiales, la retraite et l’indemnité perte d’emploi.

Programme relance secteur touristique 2020-2022, fait partie du Plan de Relance. L’objectif est de retrouver les performances de 2019 dès l’année 2022 et d’assurer le maintien d’au moins 80% des emplois stables 

Quels sont les impacts sectoriels ?

Marché du travail

Perte de 589.000 emplois en un semestre, le monde rural est davantage touché, 520.000 contre 69.000 postes

Le secteur primaire (agriculture et pêche) aurait perdu 477.000 emplois au 2e trimestre. Il est suivi par l’industrie y compris l’artisanat (69.000), les services (30.000) et le BTP (9.000 postes).

Le taux de chômage a grimpé de plus de 4 points en s’affichant à 12,3% au niveau national

Données sur les exportations

Automobile – 40%

Textile -33,8%

Aéronautique – 14,6%

Agro-industrie -6,3%

Secteur bâtiment

Chute de 19,49% des ventes de ciment à la fin juillet comparé à 2019 sur la même période (6,5 millions de tonnes en 2020 contre 8 millions en 2019).

Baisse des livraisons de matériaux de 24,13% entre 2019 et 2020, pour atteindre 1.073.682 tonnes.

La partie bâtiment est la plus touchée avec une baisse des ventes qui atteint 33,71%. L’analyse fait également ressortir un niveau acceptable pour le béton prêt à l’emploi, malgré la baisse (-21,78%). La tendance est la même pour les produits préfabriqués en béton (-21,50%)

En ce qui concerne le reste des matériaux de construction, un certain nombre de produits ont enregistré une baisse des importations, notamment les carreaux et le marbre, pour lesquels l’Etat a durcit le contrôle à l’import.

Les céramistes, pratiquement toutes les unités ont repris, à l’exception d’une ou deux, qui attendent d’écouler leurs stocks et les résultats de mesures de sauvegarde.

Pour le sable, le président de la FMC se dit soucieux, à cause de l’arrêt des opérations de dragage de la société Rimal depuis plusieurs mois.

Secteur agricole

Fortement impacté par la sécheresse

77% des pertes de revenus dans l’agriculture, selon le Haut-Commissariat au Plan (HCP).

477 000 postes perdus

Augmentation exportation des fruits rouges de 24% malgré le Covid-19, Selon les données de la Confédération Marocaine de l’Agriculture et du Développement Rural (COMADER)

Aviculture :  perte de 45,8 M EUR de chiffre d’affaire pour les abattoirs de volailles

Augmentation de l’utilisation de l’agriculture de précision (optimisation du rendement), accélération de la numérisation du fait du Covid-19.

Secteur agroalimentaire

Un plan de relance prévu pour soutenir la filière à hauteur de 11 Mds EUR. 

Baisse de la consommation dans tous les sous-secteurs : 

Boissons : -65% de chiffre d’affaires en avril 2020 par rapport à avril 2019. Chute de la demande suite à la fermeture des bars et restaurants 

Chocolat-confiserie : -65% Arrêt de la production puis fermeture des grossistes spécialisés et CHR 

Biscuiterie : -60% 

Fromages : -30% Ralentissement dû à la chute de la consommation hors-domicile 

Thé et café : -20% Ralentissement dû à la chute de la consommation hors-domicile 

Perte estimée à 17,3 Mds EUR si pas de plan de relance pour ce secteur. 

Source Fédération Nationale de l’Agroalimentaire (FENAGRI) 

Secteur touristique

Aperçu de l’impact de la crise sur le secteur, à fin juin 2020 par rapport à juin 2019 :

Trafic aérien : -58%.

Arrivées aux postes frontières : -64%.

Nuitées : -59%.

Recettes touristiques : -29%.

Fermeture des hôtels : 95% pendant les mois de confinement.

Voici l’impact attendu sur toute l’année 2020, sur la base de deux scénarios (si redémarrage du trafic aérien en septembre ou en décembre) :

Arrivée aux postes frontières : entre -70% et 84%

Nuitées : entre -63% et -73%.

Recettes touristiques : entre -60% et -71%.

PIB touristique : entre -57% et -65%.

Au 18 Juillet, 16% des hôtels ont repris.

Secteur bancaire

L’encours des crédits consolidés de Bank Of Africa – BMCE Group a affiché une hausse de 4% à 17 Mds EUR en 2019.

Secteur automobile – source

Essentiellement tournée vers l’international, l’industrie a été grandement impactée par la crise du Covid19. En mars, les écoulements à l’international ont chuté de 85%, pour baisser encore de 72,6% en avril, puis de 88,6% en mai, alors qu’en janvier et février l’export était à la hausse 6,7% et de 8%.

Selon les statistiques de l’Office des changes : entre janvier et mai, les exportations automobiles ont baissé de près de 40%, toutes branches confondues. Par métier, c’est le « câblage » qui a connu la plus forte chute (-48,6%), suivi de la « construction » (-36,5%) puis du segment de « l’Intérieur véhicules et sièges » (-36,5%).

« Il y aura certainement des postes touchés au Maroc, mais pas au même niveau que dans le reste du monde », nuance toutefois notre source. « Quand il y a un problème ou une chute d’activité, les industriels commencent par réduire les effectifs ou fermer les usines les moins compétitives. Or, les usines marocaines dans l’automobile comptent parmi les plus compétitives dans le monde » Source du journal

Deux phénomènes sont signes de tendances rassurantes :  

« les plans de relance en Europe qui ont boosté le marché automobile, ce qui impactera directement les exportations des équipementiers marocains ».

Et « le regain d’intérêt pour l’automobile dans les marchés européens et mondiaux, causé par la propagation du virus et de l’incompatibilité de la mobilité de masse avec les circonstances actuelles ». 

La Chambre Française de Commerce et d’Industrie du Maroc propose également un état des lieux des aides mises en place par le Maroc pour soutenir les entreprises et les salariés marocains.

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