Mis à jour le 26/05/2020

Olivier Reffo, de la société Rezoway et prestataire agréé de BCI au Canada, nous propose un état des lieux de la situation liée au coronavirus dans son pays.

Des mesures de déconfinement sont-elles envisagées?

Le nombre total de cas positifs sur le territoire en date du 22 mai est 81 324 dont 45 495 cas au Québec (+720 aujourd’hui) et 23 064 à Montréal. Le nombre de décès s’élève à 6250 (3800 au Québec).

Le risque reste donc toujours considéré comme élevé sur le territoire.

– Selon la Mairesse de Montréal, Valérie Plante, la ville de Montréal est prête pour le déconfinement de ses commerces prévu lundi 25 mai. « Ça donne de l’espoir, ça fait du bien pour les commerçants, mais également pour les citoyens et citoyennes » a déclaré la mairesse. Elle a encore appelé les Montréalais à utiliser un couvre-visage en allant faire les courses. Mais invitée plus tôt sur les ondes de la même émission, l’épidémiologiste Nima Machouf a cependant mis en garde contre un déconfinement rapide, compte tenu de la fragilité de la situation à Montréal. « On est sur la bonne voie […], mais il ne faudrait pas déconfiner trop vite. À mon avis, Montréal n’est pas encore prête. »

Mme Machouf, explique qui il y a de quoi se réjouir compte tenu de la baisse constatée dans le nombre de décès, a précisé que le nombre de nouveaux cas ne diminue pas assez pour qu’on puisse dire qu’on a traversé l’épidémie.

Mais le retour progressif à la vie normale se poursuit dans la province : dès aujourd’hui, familles et amis pourront se réunir autour d’un barbecue, sous certaines conditions : un maximum 10 personnes et moins, dehors, par exemple dans une cour, à condition qu’elles proviennent de trois adresses différentes au maximum.

– À compter du 1er juin, il sera aussi possible de revoir son dentiste, partout au Québec, et de retrouver son coiffeur (reprise de tous soins de santé personnel et esthétiques) , sauf à Montréal.

– Les commerces autorisés à ouvrir leur porte durant la pandémie pourront de nouveau accueillir des clients le dimanche à partir du 24 mai, a annoncé le gouvernement du Québec, lundi. Cette mesure temporaire, appliquée depuis le début de la pandémie pour donner un répit aux employés des commerces essentiels, prendra donc fin une semaine plus tôt que prévu.

Quel est l’impact économique ?

Selon le milieu communautaire et des syndicats La pandémie va aggraver la crise du logement, que vivaient déjà Montréal et d’autres villes au Québec avant, On craint que le nombre d’évictions augmente lorsque l’urgence sanitaire, qui rend extrêmement difficile le renvoi de locataires actuellement, sera levée.

«Ce qui aurait pour conséquence potentielle d’alimenter la crise sanitaire: les gens à la rue risqueraient d’être exposés au virus», a insisté l’organisme qui défend les droits des locataires.

Dans ce contexte, le FRAPRU et ses alliés demandent au gouvernement Legault d’inclure la construction de logements sociaux dans son énoncé économique, prévu pour la fin juin.

Le FRAPRU estime les besoins à 10 000 nouveaux logements sociaux et communautaires, seulement pour cette année. Même avant la crise du coronavirus, les pénuries de logements abordables poussaient plusieurs ménages à payer plus que recommandé pour se loger.

Environ 200 000 foyers québécois consacrent plus de 50 % de leurs revenus à payer leur bail, a rappelé le FRAPRU. Or, le seuil jugé sain au Canada est de 30 % (…)

Et dans le cadre de la fermeture des frontières?

Comme annoncé la semaine dernière, la fermeture de la frontière canado-américaine est prolongée jusqu’au 21 juin pour les passages non essentiels, a confirmé le premier ministre Justin Trudeau mardi.

«C’est une décision importante qui va protéger les gens des deux côtés de la frontière», a-t-il dit durant son point de presse.

Il a de même ajouté qu’il y avait un vaste consensus parmi ses homologues provinciaux pour maintenir la fermeture de la frontière, qui serait venue à échéance le 21 mai sans renouvellement.

Le premier ministre du Québec, François Legault, a d’ailleurs salué le fait qu’Ottawa et Washington se soient entendus pour prolonger l’interdiction en place depuis le 21 mars. Il a toutefois avoué qu’il aimerait que la mesure soit étendue jusqu’à la fin juillet. «Jusqu’à ce que nous ayons vraiment le contrôle, je pense que la dernière chose que nous voudrions est de voir des gens arriver à Montréal de New York et raviver le virus», a-t-il commenté en répondant à une question en anglais.

Pour les frontières concernant les autres destinations, aucun changement par rapport à la semaine dernière.

Les frontières du Canada ne sont pas fermées mais des mesures de restriction sont appliquées. Restrictions qui empêchent tout voyage non essentiel au Canada.

Pour en savoir plus, visitez :
https://www.canada.ca/fr/immigration-refugies-citoyennete/services/coronavirus-covid19/restrictions-exemptions-voyage.html

Au niveau du transport de marchandises et du commerce international en général, « le Canada est déterminé (…) à favoriser la libre circulation des biens et services aux frontières internationales.

Pour en savoir plus, visitez :
https://www.deleguescommerciaux.gc.ca/campaign-campagne/commerce-international-covid-19-international-trade.aspx?lang=fra
https://www.tc.gc.ca/fr/initiatives/covid-19-mesures-mises-a-jour-lignes-directrices-tc.html

Focus grandes entreprises

ANNONCE DE PRÊTS D’URGENCE POUR LES GRANDES ENTREPRISES (CANADA)

Les plus grandes entreprises du pays pourront dès maintenant s’adresser au gouvernement fédéral pour obtenir des prêts en vertu du programme de Crédit d’urgence pour les grands employeurs (CUGE), a annoncé mercredi le ministre canadien des Finances.

Le CUGE sera administré par la Corporation de développement des investissements du Canada (CDEV), en collaboration avec les ministères des Finances et de l’Innovation, des Sciences et de l’Industrie (…)

Focus secteur agroalimentaire :

Le gouvernement Trudeau débloque 252 millions $ pour soutenir le secteur de l’agroalimentaire durement touché par la crise de la COVID-19, mais des intervenants du milieu accueillent cette aide comme une goutte d’eau dans l’océan.

La Fédération canadienne de l’agriculture demandait plutôt qu’Ottawa mette sur pied un fonds d’urgence de 2,6 milliards $ et n’a pas hésité à exprimer sa déception face à une annonce qu’elle juge largement insuffisante.

«Après le système de santé, il n’y a rien de plus important pour le Canada, durant une pandémie, que la sécurité alimentaire domestique», a déclaré la présidente de l’organisation, Mary Robinson.

Pour le premier ministre Trudeau, l’aide annoncée mardi ne constitue qu’«un premier investissement».

Il a assuré que son gouvernement continuera de travailler avec les producteurs pour répondre à leurs besoins. De l’enveloppe de 252 millions $, 77 millions $ seront consacrés à la protection des employés par la mise en place de protocoles sanitaires et l’approvisionnement en masques, visières et autres types d’équipement.

Afin de soulager les éleveurs de porcs et de bétail, Ottawa lancera par ailleurs un programme de 125 millions $ pour les aider à éponger leurs dépenses accrues en raison de la COVID-19.

«Les fermes et les porcheries élèvent plus d’animaux que notre système peut transformer en produits de consommation comme du steak et du bacon à cause de la COVID-19. Donc on doit garder des animaux sur la ferme plus longtemps que prévu – et ça coûte cher», a souligné M. Trudeau.

Ottawa promet en outre de mettre sur pied un programme de rachat des aliments excédentaires. Cinquante millions $ seront initialement injectés dans cette initiative qui vise à permettre la redistribution de denrées invendues.

Focus secteur manufacturier :

Le secteur manufacturier représente 1.7 million d’emplois et génère plus de deux tiers des exportations du pays.  La fermeture prolongée des entreprises jusqu’au 4 mai aura inévitablement un profond impact sur l’ensemble secteur, qui représente 89 % des exportations et sur les entreprises qui dépendent des marchés d’exportation.

Mais comme elles détiennent beaucoup d’atouts qui peuvent être utiles durant cette période inédite que nous traversons, un « Plan canadien de mobilisation du secteur industriel » a été mis en place. Il permettra à des compagnies manufacturières et à des fabricants au Canada de produire rapidement l’équipement médical nécessaire pour face à l’afflux de cas touchés par la COVID-19 au pays.

Grâce à ce plan, les entreprises qui fabriquent déjà des masques, des respirateurs et du désinfectant pour les mains vont pouvoir augmenter considérablement leur capacité de production. Un soutien est également prévu pour les entreprises qui doivent acheter de l’équipement pour permettre à leurs usines de fabriquer les articles en demande.

Focus secteur touristique

Selon Statistique Canada, 22 millions de voyageurs ont visité le pays, l’an dernier. Le secteur a généré près des dépenses touristiques de 104,9 milliards de dollars.

Toujours en 2019, Montréal a accueilli 11 millions de touristes, dont plus de 3 millions d’entre eux venaient de l’extérieur du Canada. Les recettes se sont élevées à 4,85 milliards de dollars, selon Tourisme Montréal.

Toutes les entreprises du secteur du tourisme sont touchées : commerces, restaurants, guides touristiques. Mais le péril guette plus particulièrement les hôtels.

« Ça a été le premier secteur en crise et je pense que ça sera peut-être le dernier qui pourra remonter » affirme le président de Tourisme Montréal. Et c’est sans surprise que les acteurs de l’industrie ont encaissé l’annonce de l’annulation de tous les grands évènements culturels de la province jusqu’au 31 août.

Cette nouvelle va avoir un impact économique énorme sur la ville de Montréal notamment. Le tourisme représente plus de 57 000 emplois directs et indirects dans la métropole. Impossible pour l’instant de chiffrer les pertes d’emplois ou les pertes encaissées par les entreprises.

Heureusement, l’intervention rapide des gouvernements permet de soutenir temporairement employés et commerces.

Et pour le reste de 2020, la stratégie de relance de l’industrie compte concentrer ses efforts à attirer les Canadiens eux-mêmes d’un océan à l’autre.

Focus secteur pharmaceutique

En plus d’une charge de travail élevée, des hôpitaux du Québec s’inquiètent de la pénurie de plusieurs médicaments. Cet enjeu majeur oblige les professionnels de la santé à trouver rapidement des alternatives pour certains patients hospitalisés.

«On a dû faire revenir de plus vieux médicaments qu’on n’utilisait plus, explique Caroline Leblanc, pharmacienne à l’Hôpital de la Cité-de-la-Santé de Laval. »

Plusieurs médicaments sont en grave pénurie mondiale. Le manque de médicaments concerne surtout les sédatifs, les analgésiques et les bloqueurs neuromusculaires.

Ce manque de personnel et cette cadence de travail très élevée n’est pas ressentie seulement par le personnel soignant mais aussi dans les laboratoires.

L’exemple du laboratoire de biologie moléculaire du CHUM illustre bien la situation. En moyenne, le laboratoire réalise de 600 à 800 tests par jour. Lors des journées les plus occupées, son équipe peut effectuer jusqu’à 2200 tests.

«Le COVID-19 représente 80% de notre charge de travail, ça veut dire qu’on a abandonné 80 % de nos tests présentement», explique Mme Moreau, coordinatrice technique, qui garde un œil sur le travail qui devra être fait après cette crise majeure. Ajouté à ça, on apprend que mardi dernier, deux avions qui devaient livrer du matériel médical atterrissent vides de Chine. Ce qui démontre bien l’ampleur mondiale de la pénurie, non pas que de médicament mais de tous matériel médical en général.

«Ça nous rajoute un stress, résume Caroline Leblanc, qui reste malgré tout optimiste. On est quand même anxieux, mais on sent qu’ensemble, on peut y arriver.»

 

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